Queens Of The Stone Age – Era Vulgaris (2007)

Queens Of The Stone Age – Era Vulgaris (2007)



































Apres leurs 3 derniers albums, dans l'ordre, « Rated R » (2000), excellent, « Songs For The Deaf », sublime (2002), et « Lullabies To Paralyze » (2005), captivant. L'un des groupes les plus passionant que compte la baie des anges est de retour.

Je ne resiste pas à l'envie de citer d'abord un auteur que j'aime énormément pour sa capacité à méler intrigue sombre à son humour mordant :

« Ce dimanche-là, un soleil aveuglant flottait au dessus de Los Angeles, poussant les foules à rejoindre les plages, les parcs et les piscines pour échapper à la fournaise. L'air grésillait de cette frénésie qu'on retrouve chaque fois que le vent déboule du désert avec la puissance d'un train de fret, sec comme l'os, et transforme la végétation des collines en un groudron de bois qui risque à tout moment de s'embraser, avec des flammes à faire fondre une carrosserie d'automobile.
Les montagnes de Verdugo, au dessus de Glendale étaient en feu. Une colonne de fumée brune s'élevait à la verticale au dessus de la ligne de crête avant d'être rattrapée par le souffle des Santa Anas et de s'incliner vers le sud pour recouvrir la ville, barbouillant une partie du ciel d'une traînée qui évoquait du sang séché.
De Burbank ou même Mulholland, au dessus de Sunset Trip.... » ( Robert Crais « L.A requiem » 2002)

Et puis celui qui est en train de devenir peut être mon auteur préféré au fil des années, pour son réalisme, son humour biensur et son humanisme feutrée et pudique :

« Assis sur la terrasse de derrière, Bosch regardait le ciel qui commençait à s'assombrir. Il habitait tout en haut Woodrow Wilson Drive, dans une maison à deux niveaux qui s'accrochait au flanc de la colline comme un personnage de dessin animé se cramponne au bord de la falaise avec ses doigts. Il y avait des moments où il avait l'impression d'être ce personnage même. Ce soir là par exemple. Il sirotait de la vodka, beaucoup de vodka on the rocks, et c'était la première fois qu'il buvait de l'alcool depuis qu'il avait repiqué à la police l'année précédente. Avec la vodka, sa gorge lui donnait l'impression qu'il avait avalé une torche, mais ce n'était rien. Il essayait de brûler ses pensées et de cautériser ses terminaisons nerveuses. » (Michael Connelly « Echo Park » 2007)

Deux amoureux de Los Angeles, vous l'aurez compris.
Mystérieuse usine à rêve...

Voilà, passé cette parenthèse, j'aimerai vous parler d'un autre cocktail curieusement titré « Era Vulgaris ».
Sortie il y a quelques semaines, cette nouvelle galette s'annonce plus directe que la précédente.
Pour paraphraser Luz, le son est « aussi lourd qu'un kebab apres 4 bières ».
Ici le chiffre doit être vu à la hausse, et les bières changer en ... verres de vodka, disons.
N'allez pas imaginer pour autant, un retour à la période Kyuss. Josh Homme ou « l'homme qui ne regarde jamais en arrière » semble t'il, au grand regret de John Garcia, et de quelques millions de nostalgique de Kyuss, dont je suis. Même si je le confesse, je n'ai jamais eu vent de l'existence de Kyuss lorsque la bête était encore en activité.
A 8 ans, comme à 16 ans d'ailleurs, la musique ne me captivait pas vraiment.
C'est le moins que je puisse dire.
Le groupe est ici composé des 3 mêmes membres que lors de la tournée « Lullabies to paralyze », et aussi quelques invités prestigieux et plutôt prometteurs, entre autre : Trent Reznor (Nine Inch Nails) et Julian Casablancas ( The Strokes). Sans oublier, le fidel, et quasi membre du groupe : Mark Lanegan.
L'écoute peu commencer.
J'aurai aimé faire cette critique lors d'une première écoute.
Malheureusement, mon impatience a eu raison de ma volonté.



1. Queens Of The Stone Age – Turnin' On The Screw – 5'16



Rythmique lente et langoureuse. Petit cri approbateur (le classique). Cela peu commencer.
Guitares et basse mélées comme toujours, pour une ambiance caniculaire. La voix de Josh Homme survole le tout, partant souvent dans des hauteurs, et puis redescendant, plus douce et onctueuse que jamais.
« Il sait que ça plait aux femmes », je crois.
Si j'avais sa voix, ce qui n'est (j'en ai bien peur.. :-) pas le cas, je ferai pareil.
Nirvanesque, ce sera d'ailleurs le fil rouge de l'album. Ce coté me plait beaucoup. QOSTA s'en fout royalement des « on dit.. » et tant mieux.
Imaginons enfants et adolescents, de par le monde, portant en masse des t-shirt « queens of the stone age », plutôt que de vouer un culte immodéré à un (paix à son âme) macchabé qui n'a rien demandé.
La mort vend elle plus de T-Shirt que la musique ? Je ne suis pas sûr qu'il existe plusieurs réponse à cette question. Peu importe.
La fin du morceau est un tourbillon électrique guitare/batterie de tres grande classe.
QOSTA ressemble un peu à cette énorme chat se dorant la pillule au soleil. Sur l'herbe.
Ronronnant, le ventre plein.

2. Queens Of The Stone Age - Sick, Sick, Sick – 3'34

Les poils du chat se sont hérissés un à un et il a filé au fond du jardin.
Oui,oui,oui.... QOSTA est bien de retour. Et visiblement, ils durcissent le ton.
La chanson est tres électrique, saccadée. Le refrain, répétitif et fievreux.
0'54 : Les guitares forment des rouleaux de saturations, indomptables et impossible à stopper.
Bien sûr, vous vous dites : le chat l'a échappé belle. Et vous avez raison.
Une deuxième chanson aussi aggressive et aussi inusable écoute apres écoute, ça ne vous rappelle rien ?
On est en 2002, et un album rouge sang vient de sortir. Bien sûr que vos souvenirs sont là.
2'14 : La batterie imprime une cadence infernale.
2'44 : Nouveau rouleau compresseur. Histoire de vous raffraichir la mémoire au sujet de ce mini-tsunami.
Mark Lanegan et Josh Homme chantent ensemble, et hurlent comme des ados dans une cave, en pleine période grunge.
Oui, Seattle en arrière plan comme je vous le disais, Lanegan a tres bien connu cette période. Et difficile de ne pas penser à son ami de toujours Layne Staley (Alice In Chains), qui manque tellement à la musique, tout comme evidemment Kurt Cobain. Ceci dit, aucune nostalgie ici, simplement, un hommage bien appuyé et mérité.
M'est avis, que ce sera le « Touch Me I'm Sick » cru 2007.

3. Queens Of The Stone Age – I'm Designer – 4'04


Intro grinçante, voix légèrement arrogante. Avancé saccadée et mouvementée sur un wagon usé.
Puis refrain limpide, les rails glissant vers les tréfonds terrestres.
Nouvelle avancé saccadée, appuyée par un délicieux solo de guitare.
Une chanson au schéma classique qui produit pourtant son effet, et qui a bien sa place ici. Comme toujours, une ambiance cohérente avec le reste de la discographie du groupe s'installe titre apres titre, cohérente mais pourtant clairement nouvelle et novatrice.
Vous aimez la chanson « Burn The Wich » (5) sur l'album précédent, et bien cette chanson et la prochaine sont des sortes de triplées. Même si les deux nouvelles s½urs sont moins torturées que leur illustre ainée.
Disons que celles-ci ne vous frappent pas le ventre à coup de brique.

4. Queens Of The Stone Age – Into The Hollow – 3'42

Entre donc en piste la troisième s½ur qui est dénuée elle aussi de la violence sourde de sa cadette.
Mais cela ne signifie en rien qu'elle en soit plus effacée.
En tout cas il y a fort à parier pour que le papa de ces demoiselles ait été forain.
Elles semblent toutes les 3 exprimer un goùt tres prononcé pour le « grand 8 » et les sensations fortes.
La différence se situe dans le fait qu'elles expriment leur passion de manière plus ou moins vive, ou plutot de manière plus ou moins réaliste. La passion de « Into The Hollow » est plus ronde dans ses descentes, et moins saccadées dans les montées.
Bon en fait je vous l'avoue, je soupçonne la mademoiselle de n'avoir essayé que le « petit « grand 8 » ». De là à dire que QOSTA a été mou du genoux sur ce coup là, il n'y a qu'un pas... que je ne franchirai pas, merci.
En fait, c'est même pour tout dire ma préféré des 3. Plus douce.
Pour continuer dans les métaphores, vous savez que j'adore ça. : « Burn The Witch » la rombière à la trentaine, grand s½ur de « i'm Designer » la femme active de 25 ans, elle même, grande s½ur de « Into the Hollow », l'étudiante sémillante, la vingtaine.

5. Queens Of The Stone Age - Misfit Love – 5'39

A quand un jeu de 7 familles « queens of the stone age » ?
Dans la famille « baroudeuses-du-désert-arride », je voudrai la fille. Bonne pioche.
Dans la famille « meilleures-chansons-de-QOSTA », je voudrai une des filles. Oui,oui... bonne pioche.
Papa « A Song For The Dead » et maman « I Never Came » surveillent ta croissance.
On a envie de leur glisser tout de même : « ayez confiance en votre nouvelle fille, elle tiendra peut être sur ses jambes plus longtemps que vous mêmes ».
Oui, parce que cette chanson tient la route. Colle à l'asphalte. Déroute les routes. Déchausse les chaussées.
Pourtant, au début, et bien oui, c'est une bonne chanson, mais bon, on ne va pas s'emballer pour une chanson, non ? Il y a tellement de choses biens plus importantes, et c'est vrai.
Mais la musique a ceci d'extraordinaire, qu'elle vous enflamme pour un rien, une sonorité, une idée, une sensation, un frisson font que cette chanson ne sera pas une chanson parmi d'autres. Ce sera La Chanson, toute simple, et pourtant La chanson.
Sans prétention.
Autant le dire tout de suite, « Mistit Love » possède en elle la douceur féminine d' « I Never Came » , mais aussi d'une certaine manière, l'énergie hormonale (toute proportion gardée) de « A Song For The Dead ».
5'39 pour relier Chicago à Los Angeles.
Ce n'est pas une chanson à « gros son » bien au contraire, elle glisse, file à la vitesse de la lumière. Légère. Nous sommes bien à des années lumières de la planête Kyuss et pourtant et bien c'est con à dire...
mais on s'en fout.
5'39 pour ressentir l'arridité du désert des rocheuses. Le souffle court et la gorge sèche.
Cette chanson donne soif, terriblement soif de la réécouter, sans cesse.
Pour se rapprocher un peu plus d'une idée fixe, sur ce qu'elle a dans le ventre.
Ce morceau est d'une profondeur abyssale, et chaque couche renferme une beauté unique et aveuglante.
Comment décrire ce sentiment....
Bon, si vous êtes un homme hétérosexuel ou une fille homosexuelle, imaginez la fille de vos rêves, peut être même votre petite amie actuelle, je vous le souhaite, et je lui souhaite que vous pensiez cela d'elle. Et bien imaginez la deshabiller, il fait tres tres chaud bien sûr, mais il se trouve qu'elle s'est couverte de vêtements magnifiques, mais trop nombreux ... Vous la deshabillez, goutant des yeux chaque tenues irresistibles, et cette femme, plus belle dans chacune d'entre elle.
Ne sachant pas bien sûr qu'elle est aussi belle que vous la voyez, parce que oui, les filles les plus laides sur cette terre sont celles qui se croient au dessus du lot. Une fille naturelle donc, qui s'aime, mais pas dans la démesure.
Evidemment, le mystère subsiste. Sa beauté renversante, vous la ressentez au plus profond de vous même, vous la voyez même, vous l'imaginez bien sûr, mais cela s'arrete aux fantasmes de votre imagination.
De sorte que sa beauté est magnifiée par le mystère.
Ou peut être pas, peut être que le mystère n'y est pour rien la dedans...
Si vous êtes une fille hétérosexuelle ou un homme homosexuel, et bien imaginez la même chose avec l'homme de vos rêves. Je souhaite également dans le cas où vous seriez en couple que cet homme soit le votre, hein ? Je parle pas de Brad Pitt, ici, enfin si, mais uniquement pour les célibataires.

Et là, vous me dites : « c'est frustrant comme situation, non ? » et bien.... Apres reflexion oui l'exemple que j'ai donné l'est. Bon, mauvaise exemple.
Rassurez vous, il n'y a rien de frustrant dans « Mistit Love », meme apres écoute en boucle.
Ma pudeur m'a peut être empêché de donner un meilleur exemple, je ne sais pas. D'ailleurs qui me lit à ce niveau là ? Vous avez filé en bas voir la note, et vous vous dites « ah oui, il aime bien cet album ».C'est cela même, vous qui ne me lisez pas, vous êtes les plus intelligents... :-) Votre pensée résume tout ce barratin, mais j'aime bien écrire. :-)

Apres avoir écouter en boucle cette chanson, vous êtes léger comme une plume, ennivré par un sentiment de liberté, les yeux perdu au beau milieu des cactus, et le vent léchant votre nuque. Raffraichissant.
L'attirance envers certaines mélodies est mystérieuse, et je crois qu'il ne faut pas chercher à comprendre.
J'aime cette chanson.

6. Queens Of The Stone Age - Battery Acid – 4'06

Eminamement plus bruitiste que la chanson précédente, « Battery Acid » est martelée.
Joey Castillo s'en donne à c½ur joie, et frappe sans discontinue, robotique.
Aussi sauvage que ces coyotes charognards qui descendent la nuit des collines de Los Angeles, pour festoyer en famille.
Avec toujours quelques accalmies bien sûr, mais ici, elles sont tres furtives. N'hésitez à prendre une grande bouffée d'air avant de redescendre. Et pour paraphraser encore, remplacez le kebab par une salade, apres les 4 bières.
Aucun doute, Joey est le coyote le plus affamé de la bande, il y a tres peu d'air, l'ambiance est aussi moite que lors d'une matinée, apres avoir passé la nuit à 10 dans une chambre d'un motel miteux longeant les autoroutes californiennes.
Monocorde, répétitive et asphyxiante.
En même temps, tout est dit dans le titre : « Battery Acid ».
Pas la chanson la plus inoubliable de l'album. Ceci dit, l'objectivité n'est pas de mise.
C'est une chanson, qui aurait été excellente si elle n'avait pas été coincé en sandwich entre 3 des 5 meilleures chansons de l'album.

7. Queens Of The Stone Age – Make It Wit Chu – 4'50

Sorte de canapé moelleux en cuir. Usé jusqu'à la moelle, mais toujours aussi confortable.
Ballade pas si nouvelle que ça en fait, puisque QOSTA la jouait souvent en concert, notamment ces concerts londoniens en 2005 qui sont présents sur l'excellent DVD Live « Overs The Years And Through The Woods » sortit peu de temps apres.
Chanson calme, avec toujours cette fibre pop qui se dévoile de plus en plus, elle brille de milles éclats ici, entre deux chansons tres aggressives. Reposante et arrogante. Ensoleillée et même souriante.
Rythmique doucement sautillante, accompagnée par ces ch½urs féminins, qui font passer la chanson de « superbe » à « somptueuse ».
Tout comme ça avait été le cas en 2000 sur une chanson comme « Quick And The Pointless ».
«I wanna Make It.... I wanna Make It Wit Chu............. I Wanna Make It..... I wanna Make It Wit Chu “.
Rappelant “Long Slow Goodbye” par sa langueur, et sa classe indéniable.
Une chanson qui sonne comme un classique immédiat des la premières écoute.
Langoureuse et classieuse, donc.
Et puis accesoirement, l'une des 4 ou 5 chansons inusables présentes sur l'album.

8. Queens Of The Stone Age – 3's & 7's – 3'33

Cet album prendra t'il la poussière sur votre étagère?
« 3's & 7's » devrait estomper plus d'un doute. Les acariens devront trouver un autre terrain de jeu si ils ne veulent pas être réveillé dans leur sommeil. Titre phare evidemment. (Single peut être ?)
L'influence Nirvanesque vous avait échappé, petite piqûre de rappel.
Le chemin est vallonné, sinueux et rocailleux comme toujours, ou presque. Lors des premières secondes, on a envie de crier au plagiat. Mais ce n'est pas justifié, et on s'en rend vite compte.
Les guitares sont nerveuses et cinglantes, ellles s'envolent. La voix de Joshua Homme monte elle aussi, puis s'engouffre dans une grotte, un tunnel sous la montagne, sous la terre.
Josh Homme a rarement chanté d'aussi belle manière. Le genre de titre qui vous fait dire que QOSTA a cette petite étincelle que n'ont pas d'autres groupes de rock aujourd'hui.
Beaucoup de panache et de classe. Voilà tout.

9. Queens Of The Stone Age - Suture Up Your Future – 4'37


Ballade nocturne dans Ocean Avenue, à vélo. Evidemment le ciel est vierge d'étoiles ou presque, non pas que le ciel soit couvert, mais plutot qu'en ville-lumière qui se respecte, la luminosité émanant du sol éclipse celle d'en haut.
Sombre danse nocturne, à l'allure romantique. A ceci pres que QOSTA n'a pas l'âme poétique d'un Arcade Fire. Oui, on ne peut pas tout avoir non plus, il faut en laisser un peu aux autres. D'ailleurs Josh Homme ne prétend pas à la place de poète du XXIème siècle (Win Butler non plus, vous me direz).
Tres belle mélodie pour les insomniaques en vadrouille.
Accalmie nocturne, dans une des villes les plus violentes que compte cette planête.
La houle océanique semble balancer des cloches de bateau dans l'obscurité du port de plaisance.
La violence n'épargne pas la fin de ce morceau, regain de nervosité, on imagine des membres des gangs de Mara Salvatrucha (MS13) et de la 18ème rue se font face.
Présage d'une 10ème chanson mouvementé.

10. Queens Of The Stone Age – River In The Road – 3'18


Des sirènes du LAPD hurlent au loin, tres vite noyées dans un flux sombre et dense, une violente confrontation en pleine rue. Les guitares sont acérées et sans pitié. Dénuées de remords visiblement.
« Et au milieu coule une rivière », la voix de Josh Homme qui semble désabusée, glisse le long de cette mélodie martelée.
« aahhhhh ahhhhhhhhhh aahhhhhhhhhhhh ohhhhhhhh ohhhhhhhhhhhh ohhhhhhhhh lalaaaaahhhhhh ohhhhhhh ...».
A la fin du morceau, les voitures du LAPD reprennent du service. Etaient elles toujours là ? Sont elles revenues ? La police anti-gangs est elle efficace à Los Angeles ?
Une seule réponse semble en réalité évidente.
Le gang QOSTA lui, continue sa route, et nul doute qu'apres cet album, ses adhérents ne seront que plus nombreux.

11. Queens Of The Stone Age – Run, Pig, Run – 4'39

L'une des chansons les plus violentes de l'album. Pas originale pour un sous.
Incontestablement, la mélodie la plus faiblarde.
Ambiance lourdingue et chiante.
Je ne m'attarde donc pas ici.

12. Queens Of The Stone Age – The Fun Machine Took a S** ! & Died – 6'55

Oui, parce que la conclusion de l'album, elle, vaut le coup d'oreille.
Ambiance de cirque pour cette intro, qui ramène evidemment à l'année 2005.
Mélodie épique qui a roulée sa bosse dans pas mal de Live des Queens.
« The Fun Machine... » est aventureuse à souhait.
L'ambiance est tour à tour lourde, grasse et dégueulasse.
Puis légère, fraiche et délicate.
4'22 : les rouleaux compresseurs sont de retour.
5'06 : Immersion dans un univers tres proche du bar miteux au début du film « Desperado ».
Les guitares stridentes dialoguent, haut perchées.
6'21 : Quand je vous parlais de fraicheur, c'est ce passage que j'évoquais.
QOSTA conclut en beauté.
Superbe.
Parcours sans faute donc, si l'on excepte « Run, Pig, Run » et également dans une moindre mesure « Battery Acid », deux morceaux franchement dispensables.
10 chansons sur 12 méritent largement le détour, et 5 sont à prescrire en boucle.
Queens Of The Stone Age est encore là en 2007, et ne déçoit pas.



Quelques chiffres pour finir (en bref) :

Nom de l'artiste : Queens Of The Stone Age
Nom de l'album : "Era Vulgaris"
Année : 2007
Nationalité : US
Nombres d'album à ce jour : 5
Style : Rock
Ma note pour « Rated R » : 15/20
Ma note pour "Songs For The Deaf " : 17/20
Ma note pour "Lullabies To Paralyze" : 16/20
Ma note pour cet album : 16/20
Mes chansons preferées sur cet album: "Sick,Sick,Sick"(2), " Into The Hollow"(4), "Mistit Love"(5),"Make It Wit Chu "(7) et "3's & 7's" (8)
Ma chanson préférée : « Mistit Love» (5)

# Posté le samedi 21 juillet 2007 14:27

Modifié le vendredi 04 janvier 2008 12:15

Battles - Mirrored (2007)

Battles - Mirrored (2007)




































1. Battles - RACE : IN - 4'50

Dès les premiers instants, des noms fusent dans ma tête,
notamment "Animal Collective" , "Gang Gang Dance" et "Liars".
Il n'est d'ailleurs pas étonnant de constater que ces 4 groupes partagent la même scène new yorkaise.
Mais il ne faut pas s'arrêter à d'hypothetiques comparaisons.

Les voix tres originales sont posées au sein d'une ambiance tribale et festive.
L'image de tribus africaines dansantes et sautillantes, autour d'un feu. Les breaks sont du meilleur effet. Percussion sur bouteille, sifflements, il s'agit d'un grand foutoir jouissif, à ciel ouvert.
Le son des percussions est d'une telle clarté, rond, coloré. Le coté robotique et métallique est en fait accompagné de sons moins organiques et plus chauds, en particulier les voix.
Les voix qui montent et descendent, fluctuantes.

2. Battles - ATLAS - 7'05

Je viens de me rendre compte que de critiquer cet album titre à titre est extremement compliqué.
Non pas que les titres se ressemblent, mais plutôt parce qu'il est dur de mettre des mots dessus, surtout techniquement. Je vais donc plutot axer ce qui suis sur mes sensations et sentiments.
Et je vais taché d'explorer des métaphores évocatrices.
Enorme rythmique qui ne lache rien, des souffles qui forment des loopings aux cotés de fouêts lumineux qui donnent un instant le rythme. Et l'entrée en piste des joyeux lutins sous amphétamines (hier quand je l'ai écouté, il s'agissait d'éléphants roses cocaïnomans).
Parade colorée de toute la bande en file indienne dans la forêt psychédélique. Ils font trembler le sol. Guillerets, les mecs.
Un instant de répis, en fait non, la chanson ralentit, et devient davantage heavy.
ça bloque, ça bloque, ça bloque.
Ah, ça repart... ça bloque, ça bloque, ça bloque.
Cela repart... ailleurs.
Une voix joue les métronomes, un bruit de baleine lointain, ou peut être un éléphant bionique.
Une vrai jungle postmoderne. Et bien sûr, on attend qu'une chose, le retour des luttins défoncés.
Et on espère qu'ils reviendront avant la fin.
Ils sont de retour, les mêmes, et pourtant là il s'agit d'enfants fêtant un anniversaire en se défonçant à l'hélium, et en dansant convulsivement autour d'une table de camping. Fabuleux refrain.
Le sourire qui se dessine sur votre visage est le premier symptome.
Trop tard pour faire marche arrière.
L'un des meilleurs morceaux de pop barrée que je connaisse. Eblouissant.

3. Battles - DDIAMONDD - 2'36

Les paroles se chevauchent, si paroles il y a, la chanson part tout de suite à 200 à l'heure, on est entrainé par le souffle de la déflagration. A terre. Le rythme est assomant, les voix filent à la vitesse de la lumière, se fracassent contre le mur, et repartent.....Des mains donnent le rythme...les voix reprennent, se fracassent contre le mur, et repartent..... se fracassent contre le mur, et repartent.... Evidemment à la longue de jouer aux cons.....une alarme de voiture se met en route, nerveuse l'alarme,
elle part dans les aigus en dessinant des loopings sonores dans le ciel lumineux. Puis tres vite, s'arrête.
Les voix ayant retrouvées leurs esprits, et voyant que la voie est libre, reparte plus barrées que jamais.
Les voix sont libres.

4. Battles - TONTO - 7'42

Enorme coup de coeur pour cette chanson.
Des larmes de pluie tombent sur des notes de piano colorées, la pluie s'intensifie, les gouttes se rapprochent. Il n'en fallait pas moins pour que la basse rentre en scène, installant un rythme lancinant, sourd et rond.
"Ohhhhhhh Ohhhhhhhhhh Youuuuu Piiiii Ahhhhhhhhhhhhh Ohhhhhhhhhhh Ohhhhhhhhhhhhhhh Youuuu Pi Ahhhhhhhhhh "
La batterie apparait aussi, d'abord calme, puis plus nerveuse, des spasmes.
On sent le morceau d'anthologie se dessiner peu à peu. La guitare part pour un solo , bien suivit par la batterie. Cela s'emballe, monte, monte,monte....
3'25 : Aucun doute, ce morceau restera longtemps dans les mémoires. La guitare est bien là, et veut que ça se sache. Le son de la batterie est exceptionnel.
3'41 : Moment de grâce, on se croirait au Japon allongé sur un vieux futon, éblouit par Tokyo.
Du Battles en somme, un coté rustique allié à la modernité, un coté chaud et humain secondé par un son organique. La douceur de la pop mariée à la rudesse d'un rock endiablé.
Apres ce déluge, le rythme met du temps à ce calmer, la tension baisse, baisse.....la basse s'entête à rester, frissonante. Sourde. On cogne sur une cloche avec un tuyau, ou l'inverse. Peu à peu , le silence s'installe.
L'ouragan est passé.

5. Battles - LEYENDECKER - 2'46

Enorme son de batterie, ne laissant aucun répis à l'auditeur; le massacrant de coups répétitifs et précis. Un voile orientale s'enroule sur les caissons de batterie, des serpents pointent vers le ciel.
Mouvements reptiliens du son, voiles colorées en fuite vers l'espace.
Ambiance orientale delicieuse.
Derrière, toujours cette rythmique robotique ne lachant rien. Puis ça bloque, un train lumineux et furtif passe, ça bloque toujours, un train lumineux et furtif passe à nouveau...la batterie reprend du service, les serpents ondulent et s'en échappent.

6. Battles - RAINBOW - 8'10


Visiblement, le son s'est durcit. La batterie semble entêtée. L'image des trains est toujours là.
Départ d'une gare désaffectée, survolant les rails rouillés à toute vitesse. Un vieux train en vue, instable et rouillé. Course poursuite.
2'09 : Arrivé à la porte du train, elle ne s'ouvre pas.
2'40 : Abandon, la porte ne s'ouvrira jamais, on ne saura pas ce qui se cachait derrière.
Du coup, la course poursuite continue, la porte du second wagon est grande ouverte. On s'y engouffre.
3'04 : L'atmosphère tendue se calme un peu, le wagon est luxueusement équipé, et sur la table, trône un jouet, dont le son s'active, joyeux et relaxant. Contraste saisissant.
L'atmosphère change, le wagon est tour à tour décrépit et luxueux.
On est plus sûr de rien. Le rustique et le moderne alternent. On y comprend plus rien, mais tous ces bruits titillent notre curiosité.
4'26 : La locomotive s'enraye, puis s'arrete. Bruit mystérieux sur la voie férée.
Un homme est en train de se griller une cigarette?
A coté de lui, la locomotive reprend sa route et sa cadence infernale.
L'engin rendu fou, devient totalement bruitiste.
Puis une voix en hauteur, en haut des montagnes.
L'image d'un sorcier mystique, surplombant l'immense valée.
Le mystérieux chaman clot le morceau, il semble avoir avalé la locomotive, sa rythmique infernale a cessé, fondant face à la voix.

7. Battles - BAD TRAILS - 5'18

Surement la chanson qui fait le plus penser aux géniaux d'Animal Collective.
Des billes colorées roulent sur des percussions en bois, arrangements sublimes. L'ambiance fait penser à une usine mystérieuse, tellement mystérieuse qu'elle n'en est pas repoussante.
Fait hors du commun pour ce type d'établissement.
Une usine à bonbon, ou chaque outil a son rôle dans la construction sonore.
Une voix semble donner son accord à tout cet enchainement :
" oh oh oh ohhhh ohhh oh oh oh ohhhhhhh".
Des oiseaux un peu partout.
" Good Night... Good Night ..." semble entoner la voix.
" oh oh oh ohhhh ohhh oh oh oh ohhhhhhh".
Des outils plus bruitistes et créant plus de remous font une courte apparition.
La chanson la plus psychédélique de l'album, et aussi sans conteste à mon avis, l'une des toutes meilleures.
Délicieuse sucrerie.

8. Battles - PRISMISM - 0'52

Enchainement tres rapide avec une courte interlude, à la rythmique délicate mais soutenue.
Courte danse autour du feu. Relaxante et dépaysante.

9. Battles - SNARE HANGAR - 1'57

Rythmique plus forte et plus rapide. Piano et flutte malicieux font leur apparition, puis la voix "Animal collectivienne". Nouveau clin d'oeil. Pour notre plus grand plaisir.
Le rythme s'emballe dans une explosion de couleur.
"Ohhhhhh Ohhhhhh Ohhhhhhhhhhhhhh oh oh oh...........".

10. Battles - TIJ - 7'

Batterie martiale, militaire, avec à chaque percussion, un essouflement. Un miaulement de chat perdu entre deux percussion. Robotique. Toujours cette tangente entre l'organique et l'animal.
Un être humain a le hoquet, les percussions lui créent des spasmes.
La batterie semble autodestructrice. Suicidaire.
L'impression constante que les instruments jouent seuls, l'humain n'est plus là. Il a deserté.
Seul quelques essouflements subsistent. L'homme semble être assomé par la machine, la rythmique...
C'est un peu Charlie Chaplin qui se débat, tant bien que mal, avec des machines impitoyables.
5'34 : Des cigales métaliques, un lancé de canne à pêche....un grand foutoir.
Enorme moment, aboiement de chien, oiseaux.... on ne sait plus ce qui se passe.
C'est tellement énorme. L'un des tres grands moments de l'album.
Impossible à décrire sur papier, malheureusement.
Une mobylette totalement improbable clot ce morceau de bravoure.
Absolument admirable.

11. Battles - RACE : OUT - 3'29

On arrive effectivement en fin de course.
Les violons, puis la batterie toujours aussi egoïste qui se taille la belle part du gateau.
Cela commence par des percussions qui donnent l'effet d'un instrument à vent.
Des hélices immenses sous la terre, la faisant vibrer.
Un dialogue entre guitares clot le tout, elles se repondent avec arrogances, alors que la « maman-batterie » veille au grain. Discrêtement, derrière ses insolents rejetons.


PS : Merci à mon frère et Pierre-Marie de m'avoir fait découvrir Battles.


Quelques chiffres pour finir (en bref) :

Nom de l'artiste : Battles
Nom de l'album : "Mirrored"
Année : 2007
Nationalité : US
Nombres d'album à ce jour : Aucune idée
Style : Pop tribale psychédélique
Ma note pour cet album : 17/20
Mes chansons preferées sur cet album : "Race : In" (1),"Atlas" (2), "Tonto" (4),"Bad Trails" (7), "TIJ" (10)
Ma chanson préférée : « Tonto » (4)

# Posté le samedi 21 juillet 2007 14:20

Modifié le samedi 21 juillet 2007 14:41

OF MONTREAL (Rennes - UBU) mercredi 23 mai 2007 (la photo ne date pas d'hier soir)

OF MONTREAL (Rennes - UBU) mercredi 23 mai 2007 (la photo ne date pas d'hier soir)
Comment décrire un concert d'Of Montréal?
(BAC 2007 philosophie, vous avez 4 heures, bonne chance)

Hum, bon je vais essayer (et le mot est d'importance) de planter le décor.
22h30
Of Montréal débarque sur scène, et là,
premier constat, au moins la moitié du groupe s'est éclaté dans la poudreuse pendant l'entracte.

Kevin Barnes (le chanteur) en bas résille et en slip donne tout de suite le ton.
Mesurant tour à tour 3 mètres ou 1mètres 50 dans un jeu d'équilibriste.
Flirtant dangereusement avec le plafond de la salle.
Descendant dans la foule, laissant apparaitre un large cercle ayant pour origine l'étonnement, la peur et l'hallucination des personnes présentes au premier rang.
Hurlant ses contines fluorescentes dans les oreilles des deux jeunes filles ayant eu le courage de l'affronter en bas de la scène.

Stupéfait.

A sa droite,
les ailes d'ange rose, aux rouflaquettes saillantes (le guitariste) regardent le plafond d'un air fixe à glacer le sang (le maquillage fait son effet), des yeux tour à tour vides, puis remplit de l'espoir de rester debout jusque la fin du concert.
Peut etre apres tout, que d'avoir un citron dans la bouche aide à garder l'équilibre.
Le guitariste semble en tout cas n'avoir opté pour cette parade que lors du début du concert.

Halluciné.

Au milieu, un bassiste aux grosses lunettes et à la Ushanka (chapeau russe en fourrure) sourit, il émane de cette être qui semble un peu bourru par rapport aux autres membres du groupe, une bonne humeur communicative.
Le sentiment que si il faut être dans un endroit sur cette planête à cet instant précis, c'est bien là.

Décomplexé.

L'extravagance n'épargne pas non plus les deux autres membres du groupe.
Un gros bordel où la bonne humeur et autodérision sont en perpetuel mouvement, les instruments tournent, chacun y met son grin de sel, à 2 ou à 3 à martyriser la batterie avec ce qui leur vient à porté de main.

Déséquilibré.

Mais au délà de cette mise en scène extremement éfficace, il faut noter la qualité du show en terme purement musical, des envolées psychédéliques hautes en couleures de tres grandes volées,
vertigineuses,
inoubliables,
les qualificatifs me manquent,
Of Montréal est la formation pop à voir absolument en live.
(le remède à tous les "MIKA" de cette planête)

L'un des seuls groupes qui arrive a mettre intelligence, provocation, autodérision et grand n'importe quoi au service d'une simple chose: le divertissement.
Dans ce qu'il a de plus entier et de plus libérateur.

Peut etre le meilleur concert que j'ai pu voir à ce jour, et il m'étonnerait pas que mon frère soit d'un avis similaire...
Les plus joyeux troubadours du XXIe siècle.
Et foutrement talentueux.

# Posté le jeudi 24 mai 2007 04:30

Modifié le samedi 21 juillet 2007 14:43

Blonde Redhead - 23 (2007)

Blonde Redhead - 23 (2007)
Toujours cette voix de velour,
delicieusement sensuelle,
une ôde à la vie,
source indépuisable de désir.

Le trio New Yorkais est plus pop et décomplexé que par le passé.
Ces "Mini-Comtes" vous plonge dans une rêverie-
atmosphérique,
des plus savoureuse.
Intrusion dans un monde halluciné,
où fumée fluorescente et barbe à papa se mêlent.
Où la voix de KAZU fait des merveilles,
et vous guide sans cesse vers de nouveaux periples.

Cette voix inoubliable,
qui vous caresse dans un tourbillon tourmenté,
source de fantasmes inavouables,
vous amène à ce désir,
de la transformer en secret mystérieux.

Sauf que la transformation à l'oeuvre,
est précisement-
celle de vous même-
en vilain garnement.

....

# Posté le samedi 12 mai 2007 05:53

The SHINS- Wincing The Night Away (2007)

The SHINS- Wincing The Night Away (2007)
En 2007, The SHINS file,
une voix libre,
survolant la fraicheur océanique,
dans un élan de couleurs éblouissantes.

Une liberté salvatrice.

James MERCER et ses compagnons de route avancent à toute vitesse,
sans pour autant se regarder le nombril avec complaisance.
Et toujours cette capacité à émouvoir,
et à coller un sourire de bien être,
même aux plus blasés d'entre nous.

Le sable bouillant,
s'étalant à perte de vue,
un goùt acidulé et pétillant de mélodies inconnues.
La fraicheur estivale,
une transparence vivifiante.


Puis, arrive cette idée simple et inutile, que la vie passe-
à une vitesse aveuglante dans ces instants d'oubli.

# Posté le samedi 12 mai 2007 05:44