The Sunday Drivers - Tiny Telephone (2007)

The Sunday Drivers - Tiny Telephone (2007)



































Sing when you're happy

Je sais, j'use énormément de “meilleur album de...” ou du plus soft “ l'un des meilleurs albums de...”.
Aussi, dans ce paragraphe, il n'en sera rien. Je m'autocensure.
« Tiny Telephone » : Deuxième méfait de ce groupe espagnol.
Leur premier album tres attractif aux premières écoutes m'avait un peu laissé sur ma faim,
apres maintes et maintes écoutes.
Le tube « Oh My Mind » en particulier avait un peu passé apres de nombreux lavages automatiques.
Nouvelle garde robe tout en couleur ici.
Les vêtements semblent ici un peu moins à la mode, plus classique, et donc moins temporels.
L'ambiance est obscure, sombre, triste, dépressive et suicidaire. Pardon ?
Oui, oui, ceci n'est que pûre foutaise, placez vous de l'autre coté du miroir. La face lumineuse.
Et essayez vos nouveaux habits.
Si vous ouvrez cette malle à vêtements en hiver, et bien cela ne vous conviendra pas, surtout si le ciel est triste. Cela vous vaudra une ballade à poil sous la neige, sans le plaisir d'être nu.
Si vous entrez dans le c½ur de l'été en lisant cette chronique, (si vous habitez de l'autre coté de notre monde), ouvrez l'armoire en grand, et remplissez vous d'abord les yeux. A première vue, les vêtements semblent tres simples, pourtant plus vous les regardez plus vous remarquez qu'ils brillent d'une manière inédite. Il y a du lumineux dans la simplicité du moment. Des paillettes à la place des neurones.
A ce stade, j'ai dépassé mon quota de métaphore. Je le sais.
Il serait temps que je parle de l'album proprement dit, non ?

Voilà, donc.
Cet album m'a accompagné de la plus merveilleuse des façons durant cet été 2007.
Ponctuant mes réveils, annonçant le retour du soleil, ou coloriant les gouttes de pluie au pastel.
La vraie force mélodique, c'est elle qui cimente ce court moment.
Notamment deux chansons pop à en tomber à la renverse, à s'ensevelir sous le sable des jours et des jours en écoutant ces deux mélodies charmantes et terriblement belles :
« Paranoid » (4) evidemment et surtout « Little Chat » (6).
Les paroles sont tres simples, aucune prétention philosophique, juste des tranches de vie.
Comme pour le dernier album des Shins, il prend une dimension démentielle en l'asaisonant avec
une pincée de plage,
un brin d'océan
et une part de ciel bleu.
Sans oublier un peu d'amour diffus.
Les paroles et l'esprit de « Rainbows Of Colours » (1) résume la teneur de l'album.
Chacune des chansons en s'effeuillant, écoute apres écoute, est plus magnifique que jamais.
Les paroles sont touchantes. Simplement.

There is a room by steps in my head
Yesterday grey was the view from bed
Yet rainbows of colours filled the sky

There is a shadow that hands overhead
Cast by the dreams I've not seem laid to rest
Yet rainbows of colours fill the sky

There is a light in the things that you say
Shining a way from a night into day
And rainbows are colouring the sky


Maginfique “She” (2) , dans la lignée d'un Josh Rouse.
Ce dernier vivant aux dernières nouvelles en Espagne lui aussi.
La pop lumineuse semble trouver en bas un terrain propice pour s'épanouir.
Branches éparses et colorées montant sans cesser vers le ciel. Le 7ème de la musique pop.
Autre point en commun entre les deux artistes, ils semblent tendre vers des albums plus courts,
10 chansons souvent, mais chacune y a pleinement sa place, et durant ces grosses 1/2 heure, aucune baisse de régime.
La tres punchy « Do It » (3) vous laisse dévoiler toutes vos dents, la sableuse et bouillonante « Paranoid » (4) atteint des sommets, en particulier avec cette petite phrase qui ne parrait rien :
« I ... Lost My Shoooooesss ».
La martelée et tourbillonante « Life Is » (5) toujours sous un soleil de plomb.
Arrive ensuite « Little Chat » (6), chanson qui, si l'album n'avait pas été d'un telle volée aurait effacé toutes les autres. Un rêve de chanson pop. Les chansons de cette trempe ne sont pas légions.
Emerveilleuse. Mélanbuccolique. Fantasmagnifique.
J'invente, j'invente... mais il y a des mots qui se perdent.
La fin de l'album est un peu plus calme, alors que le niveau lui, ne baisse pas.
Les conducteurs du dimanches tiennent le cap jusqu'au bout.
(oui, elle était facile celle là, et je dois pas être le premier à avoir céder à cette facilité)
La magnifique envolée « Sing When You're Happy » (7), puis « Day In Day Out » (8),
sautillement estival qui me rappelle (allez comprendre) les matinées entières passées à regarder les dessins animés.
« Better If I » (9), ballade au bord mer, alors que je le jour orangé se lève.
La balancelle « Goodbye » (10) clot magistralement ces 35'50 de bonheur.

You're so fine that once upon a time
You'd paint rainbows with your smile
You're so kind to give me a piece of your mind
You amaze me with your style “



Un été à cueillir des oranges dans le jardin de la pop.



Quelques chiffres :

Nom de l'artiste : The Sunday Drivers
Nom de l'album : « Tiny Telephone »
Année : 2007
Nationalité : Espagne
Nombres d'album à ce jour : 2
Style : Pop
Ma note pour "Little Heart Attacks" : 14/20
Ma note pour cet album : 16/20
Mes chansons preferées sur cet album : “Rainbows Of Colours” (1), “Paranoid” (4), “ Little Chat” (6), « Sing When You're Happy » (7), « Better If I » (9).
Ma chanson préférée : « Little Chat » (6)

# Posted on Saturday, 01 September 2007 at 7:19 PM

Edited on Saturday, 01 September 2007 at 7:30 PM

La route du rock - été 2007

La route du rock - été 2007
































Mercredi 15 Aout

Je ne vous parlerai pas du concert d'Elvis Perkins pour une raison évidente, je ne l'ai pas vu.
J'ai été étonné de m'apercevoir qu'il était programmé aussi tôt. Il a commencé son concert à 19h15.
Ni plus, ni moins. Deception d'entrée de jeu, de ne pas avoir pû voir sur scène celui qui a sorti l'un des meilleurs album de l'année 2007.

Herman Düne (Fort Saint Père)

Le déluge pluvieux s'en donne à coeur joie avant l'entrée en scène des Herman Düne, le temps s'étire pour les personnes restées en t-shirt. Les membres d'Herman Düne attendent patiemment à gauche de la scène. Buvant bières sur bières, tres détendus visiblement. David Ivar salut la foule, Neman la charie et se félicite de ne pas être trempé.
Le groupe entre sur scène.
"Giant" a été tres largement mis à l'honneur.
En particulier les deux fabuleuses " I Wish I Could See You" et "You Name My Game". Ils n'hésitent pas non plus à revenir à leur premier album. Une folk simple et sautillante parfumée de nostalgie.
Particulièrement sur l'excellente "Not On Top". Mais aussi la joyeuse mélodie "1 2 3 Apple Tree" qui reçoit de merveilleux échos du public.
Comme à son habitude David Ivar s'est reservé une chanson en solo, une ballade minimaliste, statique, cheveux au vent. Fumée éparse.
La pluie cesse temporairement pour mieux revenir.
Derrière à ma gauche, quelqu'un hurle entre les chansons "My Friends Kill My folks", hé hé ma chanson préférée, même si elle ne sera pas de la partie aujourd'hui.
Herman Düne conclut de la plus belle des manières avec "Take Me Back To NYC".
Superbe concert donc, même si le temps n'y était pas.
Et que les deux concerts suivants seront encore plus inoubliables.

The National (Fort Saint Père)

Tout le monde (ou presque) s'accorde à le dire, The National était le meilleur concert de la soirée.
J'irai plus loin en disant que c'était l'un des meilleurs concerts au quel j'ai assisté.
La classe à l'été pure.
Oui j'ai vérifié, ils viennent bien de New York. Bizarrement personne ne savais de quelle ville ils venaient, mais il suffisait de demander d'où ils venaient apres le concert pour entendre :
"je sais pas, New York à mon avis".
Parce que oui, Ils respirent l'effervescence de la Grande Pomme. Rageur à la manière d'un Frank Black (Pixies) quand ils reprennent le tres bon "Alligator", classieux tel Interpol lorsqu' ils réinterpretent le fabuleux "Boxer". Des chansons comme " Mistaken For Strangers", "Squalor Victoria" ou encore l'équilibriste " Fake Empire" font des étincelles.
Sombres et remuantes, les chansons sont plus énergiques que sur album. The National a été également hier soir particulièrement brillant dans les chansons plus calmes.
L'indépassable " Racing Like A pro ", peut être le plus beau moment du plus beau concert
Un chanteur épileptique dans sa bulle, en apnée.
The National vient de placer la barre tres haute.
Un court dialogue qui a mon avis résume tout, les personnes se reconnaitront :
"il joue sa rock star quand même."
" Oui, il peut !"
Un concert passé à la vitesse de l'éclair. Essentiel.


Art Brut (Fort Saint Père)

J'étais le seul des 5 à connaitre ce groupe, pourtant je suis pas le seul à avoir apprécier.
Je n'avais pas entendu Art Brut depuis plus d'un an.
Les londoniens sont montés sur des ressorts et chaque chanson est tubesque.
Les boulets de canon "My Little Brother" et "Bang Bang Rock N Roll". Le fulgurant et lumineux "Moving To LA". Les chansons s'enchainent tres vites et sont bondissantes.
Pour ceux qui ne connaissent pas le groupe, la sensation d'un ventre mou au milieu du concert s'installe. Mais elle ne restera pas longtemps.
Eddie Argos semble un chouïa narcissique, mais il y a à mon avis pas mal de second degré dans tout ça.
Il s'adresse beaucoup à la foule.
Celle-ci n'attendant qu'une chose : "Emily Kane" et le tube interplanétaire " Bad Week End".
"Emily Kane" d'abord, le chanteur s'arrête en plein milieu et dit alors quelque chose comme :
"il s'agit d'une chanson a propos de mon ex-petite amie, vous pensez à la votre, vous, vous, vous et vous... oui vous y pensez encore, maintenant.... et oubliez là, maaainntenant..........."
Apres avoir rendu un hommage énergique aux groupes présents ce soir, Art Brut se lance dans le tube parmi les tubes, la salvatrice "Bad Week End".
Une chanson de tres haute volée comme l'intégralité du concert.
Important.



Jeudi 16 Aout



Sebastien Schuller ( Au Palais Du Grand Large - Saint Malo)

Un concert pas comme les autres, c'est le moins que je puisse dire.
Imaginez un concert gratuit dans une petite salle, un parquet illuminé par le soleil présent dans le ciel bleu, une baie vitrée parcourant le demi-cercle, surplombant la baie de saint-malo.
Les mouettes qui parcourent cette baie vitrée de long en large passent à pleine vitesse, d'autres restent suspendues dans les airs.
Aucune scène, juste un piano posé sur le parquet, une batterie et divers instruments.
L'originalité de ce concert repose également sur le fait que "Happiness" de Sebastien Schuller est un de nos albums de chevet, et que là, nous ne connaissions aucune des chansons proposées.
Quelques problêmes techniques n'empêcheront pas Sebastien Schuller de nous présenter son nouvel album. Une fibre "radiohead" se dévoile délicatement sur deux morceaux.
Enfin autre singularité, une partie du public dont nous étions, pouvait voir à défaut de Sebastien Schuller, le dos de son piano. Il a fallu quasiment la toute fin pour l'apercevoir, mais là n'était pas franchement l'important.
Allongé, un oeil sur la mer ou sur le ciel bleu azur, on se dit qu'on vient de trouver la fonction "arrêt sur image", et le plaisir de contempler ce délicieux moment avec nostalgie comme si il avait déjà filé.
Un baume tout en douceur.
"Dream Brother".



Petit aparté, j'ai pris la décision de ne pas parler des artistes qui m'ont déplu ou déçu. Ils ont assez d'eux même pour s'accabler tout seul sur scène. Je n'ai aucune envie de descendre des artistes sur ce blog, ce n'est pas mon but. D'autant que je ne serai pas capable de faire 1/10ème du concert le plus chiant que j'ai vu.
(Si je ne parle pas de tous les artistes, c'est aussi parce que je n'ai pas vu tous les concerts)



The Besnard Lakes (Fort Saint Père)

J'attendai avec impatience ce concert, même si je ne comparerai pas mon impatience à celle de mon frère, ni à l'attente du concert suivant...:-) En tout cas cet engouement était amplement justifiée.
" Qu'est ce qui inspire autant les groupes canadiens aujourd'hui?
Pourquoi sont ils meilleurs que les autres? "
Montréal semble enfanter chaque année, les artistes les plus captivants de cette planête.
Je crois que nous sommes nombreux à nous poser cette question. J'ai ma théorie , que j'étaye sur des paysages magnifiques, un esprit de groupe sans borne et une diversité bienfraitrice.
Rien que ça oui.
Olga Gorea, bassiste et chanteuse, se trouve au centre de la scène.
A sa gauche, Jace Lasek chanteur, ressemble à s'y méprendre à un berger des alpes.
Derrière eux, le batteur écossais : sosie d'un des acteurs de Braveheart.
La trâme de fond rustique et écossaise met en valeur la grace et le coté sexy de Olga Gorea.
Une prestation fidelle à l'univers du dernier album de ces 6 canadiens.
Atmosphérique, psychédélique et vertigineux.
Sur une balançoire dans un monde imaginaire, j'ai eu cette image dans la tête pendant tout le concert.
Un mouvement perpetuel dans un endroit inconnu.
Mes deux moments préférés resteront les funambules "Disaster" et "For Agent 13".
Il faut noter le tres bon accueil de la part d'un public qui ne les connaissait pour beaucoup, pas encore.
Direction "Mellon Collie And The Infinite Sadness".
La tête déjà remplit d'étoiles.


Smashing Pumpkins (Fort Saint Père)

Dans quelques minutes, les Smashing Pumpkins entreront sur scène.
Musique Jazzy fort sympathique en d'autres occasions, mais là qui semble interminable.
Le "oula....", le "c'est lui, c'est Billy Corgan..." de Pierre-Marie.
Le "arrête de nous faire ce coup là" de Olivia.
Le "Il faut savourer cette attente, on s'en rappelera apres le concert" de mon frère.
Le "je vais tomber dans les pommes" de moi même.
La manipulation des organisateurs de la route du rock qui n'ont rien trouvé de mieux que de mettre un assistant chauve pour regler les instruments. Grand qui plus est.
La tension qui monte sans discontinue.
Cette pensée furtive qui me revient : "si mon coeur ne me lache pas là, il tiendra encore tres longtemps."
L' attente.
10 000 personnes (au jugé) pour la plupart adulte, ou en train de le devenir comme moi même, attendant cette voix qui les a accompagné durant cette période sinueuse : L'adolescence.
Enfin ils arrivent, jimmy Chamberlain et Billy Corgan s'avancent sur la scène sous les acclamations d'un public déjà rallié à sa cause. Je ne saurai vous détailler d'une quelconque manière les deux filles les accompagnant, totalement transparentes.
Les chicagoens entament les festivités avec un "United States" de plus de 10 minutes, la guitare de Billy s'envole, alors que Chamberlain martyrise sa batterie. Puis viennent les grands classiques, un magnifique "Tonight,Tonight", un "Bullet with the butterfly wings" scandé par la foule.
" The world is a vampire......."
"Despite all my rage, i'm still just a rat in a cage."
Mais en réalité les deux chansons qui enflammeront le fort saint père sont l'indépassable "today", et surtout l'explosive "zero".
" To Sheila" envoute des les premières notes.
L'ambiance est tres mystérieuse. Sombre et quasi religieuse.
Et il m'est tres difficile de restranscrir tous mes sentiments.
Quelques dizaines de sensations chaque seconde. Parfois contradictoires.
La réalité et les souvenirs se superposant.
Cela se produit parfois lors des concerts (la dernière fois que ça m'est arrivé, c'était Queen Adreena), mes yeux n'ont pas décollé de Billy Corgan. Surplombant la scène de ses 2 mètres de haut, penché sur sa guitare, il captive la rétine de la plupart des personnes présentes.
Sa guitare s'envolant à la toute fin, suivi d'un solo de batterie tres puissant.
Ils quittent la scène, et je me dis déçu que ça a été trop court.
40 minutes dans ma tête. Rajoutez une heure pour la réalité.
Apres ce concert, j'ai eu une sensation d'accomplissement.
L'impression d'être remplit de quelque chose qui me manquait depuis plusieurs années.
Pas quelque chose de vital, ni de fondamental, ce concert ne va pas changer ma vie.
Billy Corgan m'a fait aimer la musique.
Cette affirmation tenait ces derniers temps plus du subconscient que de ma conscience,
aujourd'hui cette conscience est remplit d'une nouvelle reconnaissance.


Ah oui, les groupies à la con, amateurs de nouvelles technologies.
Si vous allez à un concert pour prendre des vidéos d'une qualité merdique;
qui au mieux vous rapporteront des " ah, putain t'y étais",
au pire des "change de portable, on voit rien".
Allez vous faire foutre, vous et votre soit disant "amour de la musique",
qu'il vous faut démontrer à tout prix.



Vendredi 17 Aout



Voxtrot (Fort Saint Père)

Jeune groupe texan, Voxtrot a sorti un excellent album pop, inspiré notamment par Belle and Sebastian. Ce n'est pas le premier groupe Texan a nous enchanter, repensez à Midlake et Grandaddy....
19 h 15 : Un public peu nombreux, et en train de digérer son dîner. Les pires conditions qu'il soit pour un jeune groupe inexperimenté. Pourtant le concert sera assez énergique. Il faudrait être aveugle pour ne pas voir toute la bonne volonté qu'il y a dans ce tres jeune groupe.
Dommage qu'ils n'aient pas joué la chanson estivale par excellence : "Future Pt1".
Sorte de Spinto Band de 2007, excellent sur album et un peu décevant en concert.
Mais vu leur tres jeune age, ils devraient dans quelques années être programmé bien plus tard dans la soirée.
Decevant mais tres prometteur. Comprendra qui pourra.

Electrelane (Fort Saint Père)

Je ne connaissais ce groupe que de réputation, et cela a été l'une des excellentes surprises du festival. Sorte de Stereolab à guitare, hivernal.
Ces 4 jeunes femmes originaires de Brighton ont effectué un set sans faute, tres puissant.
Elles partagent sur scène leur passion des rythmiques relevés et des saturations.
Un bonheur de jouer leurs nouvelles trouvailles qui transparait, et qui fait plaisir à voir.
3 chanteuses, l'une selon moi, un peu plus mignonne que les 3 autres.
La jeune femme présent sur la gauche de la scène.
Je ne connais pas leurs noms, mais ça n'a aucune importance.
L'atmosphère est orageuse, brumeuse et joyeuse.
Une batterie infernale et puissante, des sourires sur les visages.
Me dire que ces 4 femmes sont un peu plus agées que moi me laisse pantoi d'admiration.
" After The Call " et " To the East " ont brillé de tres belle manière.
Cela donne une envie d'explorer l'intégralité de la discographie du quatuor, fort d'ores et déjà de 4 albums qui ont sucité des éloges pleinement fondées.
Le meilleur groupe de pop/rock "féminin" (sans aucun sous-entendu péjoratif) que je connaisse à ce jour.

Albert Hammond jr
(Fort Saint Père)

Ce paragraphe va certainement paraitre assez vide comparé aux autres.
Trois raisons à cela, l'ombre immense du concert suivant,
le nombre de jours achevés depuis, et le fait que je ne possède pas l'album.
Pourtant cette prestation du guitariste des Strokes n'a pas à rougir et valait plus d'un détour.
Beaucoup plus pop que je me l'étais imaginé, le concert est à mon avis à l'image de l'album,
ficelé de la plus belle des manières, et avec des mélodies entêtantes et inspirées.
Il y avait une tres belle alchimie entre les différents membres sur scène.
Un concert haut en couleur, et extrement plaisant qui ne donne qu'une envie.
Si ce n'est de les revoir sur scène, du moins, se ruer dans les BACs.


Sonic Youth (Fort Saint Père)

2 semaines ont filé depuis le concert, quand j'écris cette phrase. J'ai l'impression que c'était hier.
Je ne suis pas un grand connaisseur de Sonic Youth, même si j'écoute ce groupe depuis aussi longtemps que les Smashing Pumpkins ou Radiohead. A la différence que je n'ai pas énormement écouté Sonic Youth, ceci dit, le plaisir aujourd'hui que j'ai à réécouter "Daydream Nation" en particulier, n'a pas d'égal.
Parce que c'est bien de ça dont il était question ce soir là, rejouer leur fameux album de 1988.
Titre à titre et dans son intégralité. Plutot alléchant et prometteur.
Mais les promesses n'ont pas été tenu, elles ont littéralement explosé.
"Daydream Nation" : l'album mythique par excellence, et le mot n'est ici ni galvaudé, ni usurpé.
L'un des albums de rock indé les plus connu au pays de l'oncle Sam et un peu partout sur le planisphère.
Sonic Youth mérite tres largement sa réputation de groupe de scène. Tout a commencé evidemment par un "Teen Age Riot" énorme, tres puissant, finissant en distorssions démoniaques, des hurlements de guitares, une vraie jungle d'instruments éructant le martyre.
Une rage jouissive, destructurée, foutraque, et que jamais je n'oublirai.
Et puis New York en toile de fond. Nocturne bien sûr, et sous les flocons.
La neige qui fond à vue d'oeil avec l'incendiraire "Silver Rocket".
Ce concert a surement eu lieu, ou à ceci pres, 20 ans plus tôt. Une telle pensée donne le vertige.
Oh toi Tout Puissant, qui que vous soyez, faites que je vieillisse aussi bien que la musique de Sonic Youth. D'ailleurs il n'y a pas que la musique qui vieillit bien. Kim Gordon, et bien la demoiselle est tres tres tres bien conservée pour son age; et d'où j'étais du moins, j'ai observé avec plaisir un bouillant sex-appeal.
On faisait la reflexion qu'il était difficile de l'imaginer en maman poule. Et, c'est vrai, imaginez Kim Gordon dire à ses enfants "bon écoute mon chou, va faire tes devoirs avant de venir manger", c'est comme imaginer PJ Harvey faire la bobonne à la maison en attendant gentiment son mari.
Où bien, c'est comme penser un concert de Sonic Youth sans que les tympans en prenne un coup.
Bref c'est impensable.
Les 4 New Yorkais ont la rage de leur 20 ans, et l'experience en plus. Chacun prend le micro, tour à tour, sauf le batteur évidemment, qui aura été absolument impeccable ce soir. Le plus grand moment du concert sera à mon avis " Total Crash", inoubliable. Sans oublier le coup de poing "Hey Joni" et les excellents "Candle" et "Cross The Breeze".
J'allais occulter la tres tres tres entrainante et intrépide déflagration qu'est "Kissability".
Mais en fait des grands moments, il y en a eu à la pelle, et il est difficile de retranscrire ceci.
Surtout pour un non érudit.
Montée en puissance apoplectique, saturations asphyxiée. Sorte de montagne Russe, sauf que là vous avez la tête en bas pendant plus de 2 heures, et que vous passez à toute vitesse à 10 cms du sol.
Tout est sur le point d'exploser à tout moment. Et des explosions, il y en a eu.
En dehors de Daydream Nation, il y a eu un "petit rappel". Oui,oui, des rumeurs ont couru,
Sonic Youth (à 5 pour l'occasion) serait parti pour une nuit blanche, en jouant tous leurs albums.
Je connais moins ces chansons, et pourtant, j'ai savouré pleinement.
Cela donne envie de se pencher sur la discrographie récente du groupe.
Mystique, mythique, tout ce que vous voulez...
Mais je finirai ce compte rendu par l'un des mots les plus présent sur ce blog, je le sais, mais quand je pense aux plus délicieux moments de musique, c'est le mot qui me vient en premier à l'esprit.
Jouissif, donc.

Le meilleur concert de la route du rock édition 2007.
Talonné par The National.
Suivis eux mêmes de pres par les Smashing Pumpkins, Besnard Lake et Electrelane.

Le plus délicieux Noël estival.


# Posted on Thursday, 16 August 2007 at 4:47 AM

Edited on Saturday, 01 September 2007 at 7:14 PM

Magic Numbers - Those The Brokes (2006)

Magic Numbers - Those The Brokes (2006)



































La planête pop est une immense mosaïque,
composée de groupes plus talentueux les uns que les autres ;
Il est donc tres facile de s'y perdre. Chaque semaine, un album à tomber déboule de nul part.
Il faut donc faire des choix. Et être certain d'avoir fait le bon, tant qu'à faire.
Ici, ma certitude n'a pas cessé de vivre depuis mon achat, il y a bientôt un an.

Les Magic Numbers n'ont pourtant pas inventé la poudre.
Seulement, ils font parti aujourd'hui de cette poignée d'artistes,
qui soufflent des étincelles sur cette poussière cosmique.
La fougueuse musique pop.
Une étoile colorée en plein champ de bataille.
Une belle histoire d'amour.
Si il n'est pas nécessaire,à mon avis, d'être amoureux pour savourer cet album, il est je crois, important de l'avoir été. Il ne s'agit pas nécessairement d'un amour binaire, mais plus de l'amour palpable dans l'air,
la chaleur de retrouvailles entre ami, la brulant et l'ennivrant sentiment d'appartenance.
Quelque chose de simplement émouvant et humain.
Si je dis souvent de certains groupes qu'ils sont l'antidote à la morosité,
je pense à Animal Collective, Battles, Flaming Lips...
(Ces derniers en stimulant votre imaginaire, vous emporte loin d'un éventuel pessimisme.)
Il en va je le crois, différement ici.
En deux mots, cette musique ne s'attaquera pas aux racines d'une éventuelle morosité,
en revanche si vous êtes heureux, elle poussera ce bonheur un peu plus haut.

L'album éponyme sorti en 2005 avait déjà placé la barre haute, bien qu'étant un peu trop monté en épingle par les critiques. Le fait qu'il ait été surévalué n'enlève rien à ses qualités intrinsèques.
C'est un bon album, qui m'a longtemps accompagné,
même si aujourd'hui « Those The Brokes » l'a quelque peu effacé de ma mémoire.
« Forever Lost », « Love Me Like You » et surtout « I See You, You See Me »,
sont des chansons qui ont marqué l'un des plus beau passage de ma vie.
Elles me confortent d'ailleurs dans l'idée qu'il est ridicule de vouloir oublier des moments heureux,
sous le prétexte qu'ils sont passés.

Ce double duo de frère et s½ur, l'un américain et l'autre anglais, ont mieux ficelé ce nouvel opus.
Il ne fait aucun doute que « Those The Brokes » a demandé plus de travail.
Il y a plus de profondeur et de subtilité ici.
Les Magic Numbers composent toujours à merveille des tubes puissants et colorés :
Le boulet de canon lumineux : « This Is A Song » (1),
l'amoureuse et fougueuse : « Take A Chance » (3),
et surtout l'intrépide : « Runnin' out » (11).
Ceci étant dit,
le quatuor a particulièrement progressé en ce qui concerne les mélodies douces et langoureuses :
La tres estivale : « Carl's Song » (4),
le carillon et les violons réveillonants sur: « Boy » (5),
l'ensoleillée et féminine : « Undecided » (6),
la ballade en velour : « Slow Down (The Way It Goes) » (7),
la sautillante : « Most Of Time » (8),
la somptueuse mélodie nocturne : « Take Me Or Leave Me » (10),
pour finir avec l'hivernale mélodie sous la couette : « Goodnight » (13).

Le savoureux cocktail des voix veloutées de Romeo et Michele Stodart, et d'Angela Gannon,
est toujours aussi frais et indispensable qu'à la première écoute.
Il n'y a aucune raison d'être nostalgique de la première fois.
Le Milk-Shake aux agrumes est toujours aussi délicieux.
L'ambiance est plus sensuelle que par le passé,
Evidemment, je pense à la sublime voix d'Angela Gannon.
La quête amoureuse reste toujours la pierre angulaire des paroles.
Si vous avez l'occasion de voir les Magic Numbers en concert, sautez dessus.
Je n'ai pas encore eu la chance de les voir, mais j'en ai eu de tres tres bons échos.
En l'occurrence, venant de ma s½ur et Pierre-Marie.
Le groupe pour finir (dans le livret), fait un clin d'½il aux artistes rencontrés en tournée :
Brian Wilson, Bright Eyes et les Flaming Lips.
Pour ne citer qu'eux.
Les Magic Numbers avec « Those The Brokes » n'ont pas délaissé leur bonhomie.
Cette chaleur du c½ur simple et sincère qui les rend si attachant.
Ces numéros magiques jouent désormais dans la cour des grands confiseurs de ce monde.

Et avec cette délicieuse sucrerie,
ils le méritent amplement.



Quelques chiffres pour finir (en bref) :

Nom de l'artiste : Magic Numbers
Nom de l'album : « Those The Brokes »
Année : 2006
Nationalité : US/UK
Nombres d'album à ce jour : 2
Style : Pop
Ma note pour « Magic Numbers » : 15/20
Ma note pour cet album : 16/20
Mes chansons preferées sur cet album : “ This Is A Song” (1),”Take A Chance” (3), “Carl's Song” (4), « Slow Down (The Way It Goes) » (7), « Most Of Time » (8), « Runnin' out » (11)
Ma chanson préférée : « Slow Down (The Way It Goes) » (7)

# Posted on Friday, 10 August 2007 at 5:37 PM

Panda Bear - Person Pitch (2007)

Panda Bear - Person Pitch (2007)




































1. Panda Bear – COMFY IN NAUTICA – 4'04


La tête pensante d'Animal Collective qui sort un album solo, calmement je dirai:
« euh ouais, j'écouterai bien ! »
Cela mérite peut être le détour........... va savoir.
Comme toujours, le livret est somptueux.
Des fresques poétiques vertigineuses.
Chacune semble d'ailleurs représenter une chanson.
Nouveau voyage vers l'inconnu.
La voix de Panda Bear, tres haute, renvoit à celle de Brian Wilson.
L'amérique du sud fantasmée, l'ambiance est chaude, ensoleillée.
Une tribu péruvienne entoure le maitre de cérémonie, au centre, transcendé par les forces de la nature.
Une foule qui frappe des mains comme un seul enfant, émerveillé, dans cet amphitéatre millénaire.
Un c½ur gonflant, transparent et percé d'une foule de papillons multicolores.

2. Panda Bear – TAKE PILLS – 5'23


Apaisant.
Et cette chanson en particulier, l'eau, le feu, la voix lointaine de Panda Bear.
Une barque légère, glissant sur une eau transparente.
Une main plongée dans la fraicheur psychédélique, le long de la barque, raffraichit tout votre corps.
La voix de Panda Bear est feutrée et enveloppante.
Le clapotis de l'eau contre la barque vous berce.
2'50 : refrain somptueux...
L'ambiance fantasmagorique de « Feels » plane sur la fin de ce morceau.
Fermez les yeux, le meilleur est à venir.

3. Panda Bear – BROS – 12'30


Derniers hululements d'un hibou avant que le jour ne se lève.
Lui commence sa nuit en noir et blanc, vous, vos rêves en couleurs.
L'immense jacuzzi et les toboggans vous attendent, l'eau entre en ébullition,
une immense vague de vapeur recouvre le parc aquatique.
Un brouillard bleuté transforme le lieu en spectre imaginaire.
Rencontres des plus improbables dans le bassin en bas du toboggan,
un sims semble avoir transpercé l'écran du virtuel pour la réalité, ou plutôt l'inverse.
Il pleurt dans le jacuzzi entouré d'animaux exotiques.
Inconsolable, le mec.
Il a peut etre faim, ou sa vie sociale est à zéro.
Des enfants s'éclatent dans le toboggan.
Le sims voudrait en être lui aussi, peut être.
Dans un bassin à coté, un jeune phoque essaye de rejoindre sa maman phoque sur ce qui ressemble à une banquise. L'apprentissage est dur, il glisse sans cesse vers l'eau.
Trop mouillé et trop inexpérimenté pour suivre son ainée.
La voix de Panda Bear toujours aussi planante fait des merveilles.
Des feux d'articifice sont tirés, et se reflètent sur la surface de l'eau.
A chaque écoute, plus rien n'est fidel à l'écoute précedente. La fresque se recompose differement.
Des fleurs abstraites et fermées auparavant, ont éclos dans votre esprit, renfermant des surprises inattendues.
Votre curiosité devient une bulle libertine, voguant sur cette fresque mouvante.
Merveilleux.

4. Panda Bear – I'M NOT GOOD GIRL – 3'59


Petite interlude matinale.
Des motifs se dessinent dans le ciel. Répétitifs et aérés.
La jungle phosphorescente s'épanouit entre ciel et terre.
Des voix féminines glissent et ondulent sur cette vegétation luxuriante.

5. Panda Bear – CARROTS – 12'42

Des percussions aux sonorités indiennes font leur apparition.
Faisant même penser au génial Zakir Hussein.
Les voix sautillent dans des tunnels instables. L'univers est chargé d'électricité animale.
Le coté répétitif des percussions est caressé par ces voix rêveuses qui nous échappent sans cesse.
4'40 : L'ambiance est plus épurée. La voix de Panda Bear apparaît nettement, les herbes hautes et les animaux semblent s'écarter devant son passage.
La progression est lente, mais assurée. Panda Bear est dans son élément, sa voix s'y épanouit pudiquement.
Une chose est sûre, quelque chose de magique se profile délicatement.
8'53 : La crème de la crème de la crème de la crème.... de la musique pop.
La terre s'éloigne. Moment de grâce.
L'orage qui gronde au loin n'entame en rien la bonne humeur de notre Panda préféré.
L'instant ressemble à un Of Montréal sous tranquillisant, plus calme, mais tout aussi exubérant.
La pluie qui frappe la plage de galet est proche, elle fait le chemin inverse du notre, une foule compacte est présente sur la plage, dans des accoutrements fluorescents, des masques hindous énormes...
La voix de Panda Bear tournoie, elle transcende cet homme en plein Londres, sous la pluie et le brouillard, qui comme dans une comédie musicale, court en sautillant dans son costume, en dansant avec passants et lampadaires.
Un peu autiste le mec, mais tellement heureux que l'on oublit volontiers le ridicule de la situation.
Un autre autiste magnifique s'est envolé cette année. Dans sa bulle.
Un Panda sur une balançoire au dessus du monde, qui clot le titre, en grincements éblouissants.
A contre courant.

6. Panda Bear – SEARCH FOR DELICIOUS – 4'52


Pleine lune, lors d'une nuit d'été.
Un brouillard inhabituel s'étend sur la surface du lac, des oies sauvages ou des cygnes s'affolent, au loin.
Des voix mystérieuse semblent venir du ciel, pour finir avec le hurlement d'une sorte de Lorelei.
Vous savez, la légende de cette femme qui surplombait parfois le Rhin, du haut de sa falaise.
Son chant étrange attirait les marins, et les bateaux chaviraient les uns apres les autres.
Légende, ou pas ?
Animal collective devrait sortir son prochain album en septembre 2007.
Légende, ou pas ?
Si la première légende est fondée, les marins allemands devront surveiller leurs hormones.
Si la seconde l'est également, les amateurs de pop barrée devront surveiller les BACs de tres pres.

7. Panda Bear – PONYTAIL – 2'05


Delicate comptine pour finir.
Votre c½ur semble suivre cette percussion sourde,venue des profondeurs océaniques.
La voix de Bear tisse une tres belle mélodie paresseuse.
Panda Bear brode avec passion les plus belles mélodies pop du XXI ème siècle,
comme d'autres, de la lingerie fine.
D'ailleurs, les résultats délicats de ces deux travaux ne sont pas si éloignés que cela,
l'un de l'autre.


Quelques chiffres pour finir (en bref) :

Nom de l'artiste : Panda BEAR
Nom de l'album : « Person Pitch »
Année : 2007
Nationalité : US
Nombres d'album à ce jour : 2 au moins en solo. 4 au moins avec Animal Collective
Style : Pop lumineuse
Ma note pour cet album : 16/20
Mes chansons preferées sur cet album : « Take Pills » (2) « Bros »(3), « Carrots » (5)
Ma chanson préférée : « Carrots » (5)

# Posted on Saturday, 21 July 2007 at 2:35 PM

Arcade Fire - Neon Bible (2007)

Arcade Fire - Neon Bible (2007)



































Pour l'entrée en matière, je vais faire court.
Cette ½uvre majestueuse sera pour moi à n'en pas douter l'album de l'année.
Seul Animal Collective pourra à mon avis tutoyer une telle grâce en 2007.

1. Arcade Fire - Black Mirror - 4'13

Un ! Deux ! Trois ! Dis : miroir noir !
L'ombre de Lynch plane sur cette pièce en guise d'introduction.
Une image instable d'un être s'admirant dans un immense miroir, obsédé par son image,
la pièce est vide, le miroir est de plus en plus opaque. L'air quand à lui, est saturé.
Un cri douloureux d'un être, prisonnié de son narcissisme.
Tourbillonant et frissonant.
Oui,oui, je n'y crois toujours pas, pourtant aucun doute :
Arcade Fire est de retour.

2. Arcade Fire - Keep The Car Running - 3'29

Des ombres inquiétantes traquant une voiture, en quête d'idéal.
Une course frénétique. Un besoin intense de renouveau.
Apres le mystérieux cataclysme, la rivière approche, frontière entre deux vies.
Je soupçonne quand meme le personnage fuyant,
d'être un brin paranoïaque et peut etre meme schyzophrène.
Il n'inspire pas franchement la stabilité, le monsieur, en tout cas.
Mystère, Mystère..
Que c'est bon, Arcade Fire est de retour !

3. Arcade Fire - Neon Bible - 2'16


L'inusable, le millénaire idéal religieux. Catalyseur de nombre d'espoirs.
Présomption ou meme certitude de la vie apres la mort.
La lumière au fond du noir couloir.
La Foi nouvelle et instantanée du condamné à mort.
Le dernier espoir qui repose sur un livre qui en a tué beaucoup, d'espoirs.
Triste ironie.
Cette femme (je n'ai plus son nom en tête), courageuse et admirable,
traquée pour avoir fait une simple constatation : "Dieu n'a jamais écrit de livre."
Arcade Fire boulverse son petit monde.
( Parenthèse, je vous conseille chaleureusement le merveilleux film qu'est « Persepolis »)

4. Arcade Fire - Intervention - 4'19

Un orgue somptueux. Un mur de son gigantesque.
Une chorale lumineuse, accompagnant une voix cachée, au fond de la cathédrale.
La voix fievreuse prête à se briser en milles morceaux, et pourtant, toujours cette force indisible,
qui réchauffe nos coeurs. Des frissons salvateurs, une fois n'est pas coutûme.
Une voix de velour qui se débat, hurle avec force.
Des frissons grimpants de haut en bas.
Une chaleur dans le bas de votre ventre.
Arcade Fire est plus romantique que jamais.
Boulversant de justesse.

5. Arcade Fire - Black Wave/Bad Vibrations - 3'57


Regine Chassagne prend le relai de son amoureux,
"la poursuite du temps perdu" selon Arcade Fire.
"Cherchons notre futur dans notre passé" semble nous dire Regina.
L'univers est définitivement aquatique; rivière, mer...
Nageons dans cette sombre et mystérieuse frénésie.
Regina ne joue plus de sa ressemblance vocale avec Björk,
elle semble davantage assumer sa voix.
Son compagnon la rejoint à 1'40 pour l'un des instants les plus émouvant de l'album,
la gravité de cet instant fait frissoner chaque parcelle de votre corps,
la chanson prend allure d'une course folle vers le destin,
votre inévitable destin.
Les canadiens seraient t'ils aussi superstitieux que les chinois?
Rassurez vous tout de même, superstitieux ou pas,
cette chanson fera bruyamment chavirer votre âme,
au plus profond d'elle même.


6. Arcade Fire - Ocean Of Noise - 4'53


J'aurai tellement de chose à vous dire sur cette chanson.
Ce qui me vient en premier, ce sont les immenses forêts canadiennes,
un homme qui revient sur les derniers évenements de sa vie,
dans un halo eblouissant, surplombant un immense ocean.
Sombre, mystérieux et tumultueux (l'océan).
Merveilleuse introspection.
Miroir de "Neon bible".
Mélodie nocturne chargée de larmes brûlantes,
belle à tomber, une tristesse tumultueuse,
secondée par une rage classieuse qui réchauffe les coeurs.
En noir et blanc.

7. Arcade Fire - The Well And The Lighthouse - 3'56


Quoi de plus agréable apres ces frissons glacés,
qu'une ballade fabuleuse à la Bonnie & Clyde.
Regina demandant à son compagnon un virage radical,
un changement de vie.
Toujours cette idée en filigrane,
de fuite vers un autre destin, radicalement différent.
La redomption tant attendue.
Difficile de ne pas penser au sombre destin de Charlie Parker (John Connolly),
l'amour de sa nouvelle femme et de leur enfant, et son incroyable besoin de
porter secour aux destins brisés. Pourchassé par son passé.
Ayant pourtant une vie pleine et heureuse qui s'offre à lui.
Terrible dilemme.

8. Arcade Fire - (Antichrist Television Blues) - 5'07


La voix de Win Butler tangue, de haut en bas, à une vitesse incroyable,
l'impression d'un voyage à fleur de l'eau, le vent dans le dos.
Un merveilleux périple et une affirmation en écho :
" I don't wanna workin a building downtown"
Un père d'une jeune fille de 13 ans decrivant sa vie avec fulgurence. Vibrant.
" My girl's 13. but she don't act her age, she can sing like a bird in a cage."
Ce bon chrétien comme il se présente, fait appel a Dieu pour qu'il lui vienne en aide.
"Dear God, I'm a good Christian man."
Une confession des plus touchantes, au sein de cette cathédrale immense :
"My Lips are near, but my heart is far away"
"You're such a sensitive child!
Oh You're such a sensitive child!
I know you're tired, but it's al alright (...)
You know God loves the sensitive ones."
"Oh My little bird in a cage!
Oh! My little bird in a cage!"
Une fille perdue et flottante,
comme beaucoup de fille de 13-14 ans aujourd'hui,
encore enfant, flirtant avec l'adolescence,
entourée de clones de Britney Spears, voulant afficher une assurance illusoire,
à l'égard du monde et des garçons en particulier.
Des repères instables et flottants au gré de la mode et du marketing.
Le papa avouant à sa fille ce qu'il faisait à son age, et probablement
de façon sous-jacente son mal de vivre à l'époque :
"Do you know where I was at your age?
Any idea where I was at your age?
I was working downtown
for the minimum wage(...)"
L'amérique puritaine se mélant à l'amérique du "tout-médiatique",
un repère historique et relativement stable cotoyant un repère moderne et instable.
Pourtant quand sa fille se lacère peut etre les poignets,
dans un élan de détresse,
le papa se livre à Dieu, se demandant,
si lui, ne mérite pas sanction et flagéllation.
" O tell me, Lord, am I the Antichrist?!"

9. Arcade Fire - Windowsill - 4'16

Chanson crépusculaire.
Un bord de fenêtre, marée haute.
Derrière l'être qui se livre à nous,
une maison sombre, hantée par un père traqué par des dealers.
Un père visiblement passif, devant la télé, ne se souciant pas de son enfant,
qui observe la mer qui monte, la peur au ventre.
Un père lobotomisé par la télé, qui ne semble pas s'émouvoir de ce que, ses propres
créances infligent et infligeront peut etre à son enfant.
La peur indisible que les dealers viennent frapper à la porte,
qui brûle dans le ventre.
L'inévitable dégout du "pater", et la seule option : la fugue.
Pour éviter de se noyer sous les vagues qui approchent....
Deux confessions poignantes, à propos d'un pays où l'"américan dream"
ne semble reluisant, que sur papier glacé et sur écran plat.

10. Arcade Fire - No Cars Go - 5'43

Titre phare, central, incontournable, indépassable, tube, superbe, magnifique....oui.
D'aucuns diront que cette chanson n'est pas nouvelle, qu'elle était, il est vrai sur un maxi sortit peu apres "Funeral". Et bien je leur dirais ce titre, déjà exceptionnel par le passé, a quand meme une autre gueule ici.
La fuite toujours, vers un endroit vierge de tout. Le rêve en somme.
Et de rêve, il n'y en a pas que dans les paroles, croyez moi, des artistes braderaient pères et mères pour composer une telle mélodie.
L'apogée finale, ou le retour des frissons insufflés à grande dose de choeurs. De coeurs et de tripes.
Vous savez, cette histoire de sommets aux quels seul une poignée d'être humain peuvent se mesurer.
Et bien là, la démarche est inverse, l'homme surpasse le grand Créateur, quel qu'il soit. Il crée lui même le sommet.
Et le plus beau dans tout ça, c'est que ce sommet vierge de tout, est accessible à tous. Mais le périple doit se faire seul, en écoutant attentivement de l'environnement. Pour ne rien rater.
3'12 : Entrée dans un monde inconnu.
3'42 : Apres cette course, insufflant une fraicheur intense, légé comme une plume. L'immense montagne se dresse cranement devant vous, à la verticale. Sa taille vous donne le vertige, le brouillard l'entourant la laisse apparaitre. Belle, mystérieuse, onirique, presque irréelle.
4'33 : Vous apercevez le sommet.
4'34 : Vous êtes en haut, profitez.
Ce sera votre première fois, mais surement pas la dernière.

11. Arcade Fire - My Body Is A Cage - 4'47

Resonnance sourde à l'intérieur d'un corps malade.
Ballade à la beauté renversante. Accompagnée par une nouvelle quête d'idéal.
Le fameux dictons des grecs, au temps de Socrate :
" Un esprit sain dans un corps sain".
L'homme qui s'exprime ici souffre d'un syndrome mystérieux qui le paralyse littéralement.
Son esprit aimerait s'évader de ce corps dont il est prisonnié.
Tout ça est tres mystérieux, et cette chanson en parrait d'autant plus profonde et touchante.
Cela rappelle tous ces films sur la schyzophrénie, et il y en a légion.
Evidemment je ne les citerai pas, le seul nom de cette maladie tuerait le dénouement de la plupart d'entre eux. Je me garderai donc de vous priver de ces moments de cinéma.
En tout cas coté musique, courez dans les bacs .....

Les artistes de cette trempe sont peu nombreux.
Capables d'insuffler dans une seule et même chanson,
l'envie de hurler de douleur puis de plaisir.
Toute une vie, en somme.
Tumultueuse, émouvante et jouissive.
En musique.

Quelques chiffres pour finir (en bref) :

Nom de l'artiste : Arcade Fire
Nom de l'album : "Neon Bible"
Année : 2007
Nationalité : Canadien
Nombres d'album à ce jour : 2
Style : Pop/rock
Ma note pour "funeral" : 19/20
Ma note pour cet album : 19/20
Mes chansons preferées sur cet album: "Intervention"(4), "Black Wave/Bad Vibrations"(5), "Ocean Of Noise"(6),"No Cars Go"(10) et "My Body Is A Cage" (11)
Ma chanson préférée : « Ocean Of Noise » (6)

# Posted on Saturday, 21 July 2007 at 2:31 PM