OF MONTREAL (Rennes - UBU) mercredi 23 mai 2007































Il s'agit d'un ancien article. Aucun ajout n'y a été fait.


Comment décrire un concert d'Of Montréal?
(BAC 2007 philosophie, vous avez 4 heures, bonne chance)

Hum, bon je vais essayer (et le mot est d'importance) de planter le décor.
22h30
Of Montréal débarque sur scène, et là,
premier constat, au moins la moitié du groupe s'est éclaté dans la poudreuse pendant l'entracte.

Kevin Barnes (le chanteur) en bas résille et en slip donne tout de suite le ton.
Mesurant tour à tour 3 mètres ou 1mètres 50 dans un jeu d'équilibriste.
Flirtant dangereusement avec le plafond de la salle.
Descendant dans la foule, laissant apparaitre un large cercle ayant pour origine l'étonnement, la peur et l'hallucination des personnes présentes au premier rang.
Hurlant ses contines fluorescentes dans les oreilles des deux jeunes filles ayant eu le courage de l'affronter en bas de la scène.

Stupéfait.

A sa droite,
les ailes d'ange rose, aux rouflaquettes saillantes (le guitariste) regardent le plafond d'un air fixe à glacer le sang (le maquillage fait son effet), des yeux tour à tour vides, puis remplit de l'espoir de rester debout jusque la fin du concert.
Peut etre apres tout, que d'avoir un citron dans la bouche aide à garder l'équilibre.
Le guitariste semble en tout cas n'avoir opté pour cette parade que lors du début du concert.

Halluciné.

Au milieu, un bassiste aux grosses lunettes et à la Ushanka (chapeau russe en fourrure) sourit, il émane de cette être qui semble un peu bourru par rapport aux autres membres du groupe, une bonne humeur communicative.
Le sentiment que si il faut être dans un endroit sur cette planête à cet instant précis, c'est bien là.

Décomplexé.

L'extravagance n'épargne pas non plus les deux autres membres du groupe.
Un gros bordel où la bonne humeur et autodérision sont en perpetuel mouvement, les instruments tournent, chacun y met son grin de sel, à 2 ou à 3 à martyriser la batterie avec ce qui leur vient à porté de main.

Déséquilibré.

Mais au délà de cette mise en scène extremement éfficace, il faut noter la qualité du show en terme purement musical, des envolées psychédéliques hautes en couleures de tres grandes volées,
vertigineuses,
inoubliables,
les qualificatifs me manquent,
Of Montréal est la formation pop à voir absolument en live.
(le remède à tous les "MIKA" de cette planête)

L'un des seuls groupes qui arrive a mettre intelligence, provocation, autodérision et grand n'importe quoi au service d'une simple chose: le divertissement.
Dans ce qu'il a de plus entier et de plus libérateur.

Peut etre le meilleur concert que j'ai pu voir à ce jour, et il m'étonnerait pas que mon frère soit d'un avis similaire...
Les plus joyeux troubadours du XXIe siècle.
Et foutrement talentueux.

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# Posté le vendredi 18 avril 2008 06:22

H-Burns - Songs From The Electric Sky (2007)


































Je vous le dis tout de suite, sinon vous le devinerez jamais. H-Burns est français.
Et il mérite bien plus que les louanges qui suivront, moins pour sa nationalité,
que pour avoir sorti l'un des meilleurs albums folk de ces dernières années.
Album dédié à Johnny Cash, sous influence Neil Young.
Ambiance lunaire sur une route sinueuse, serpentant la forêt.
Si les adjectifs « simple », « épurée » et « intimiste » résonnent chez vous positivement,
apaisez votre curiosité en écoutant cet album.

Une guitare / une voix et 13 ballades désabusées à couper le souffle.
Une voix habitée des le premier morceau : « Hear The Bells » (1).
Le jeu de guitare est limpide et se marie de façon mystérieuse à cette voix qui l'habille à merveille.
Le coté minimaliste frappe.
Rien est de trop ici, et des l'aube de cet album vous le savez,
ou celui-ci mangera la poussière à n'en plus finir ou il sera votre album de chevet,
pour une éternité.

H-burns, sans larmoiement, exorcise ses souffrances et les votres par la même occasion.
Sans fioriture, il murmure au creux de votre oreille.
Ces chansons semblent être nécessité, pour lui même,
et pour vous apres tout, si vous y êtes sensible.
Jamais démonstratif à outrance, toujours sur le fil du rasoir,
il fait ressortir chez vous des sentiments oubliés.
Par exemple sur « Entwined » (2) :
La mesure avec le recul de la souffrance infligée à autrui.
« I'm sorry, i didn't hear you crying.».
Il y a un paradoxe qui frappe en écoutant H-Burns, ces mélodies bien que sombres, apaisent.
Pansent des plaies oubliées dans les secrêts de votre inconscience.
Et ce qui remplit finallement, on s'en rend vite compte, c'est cette sincérité inaltérable.
Rares sont les êtres qui écrivent et composent avec leurs tripes de façon aussi sublime.
La toile de fond bluesy ne gache evidemment rien à la beauté dénudée de ces morceaux.

Indépassable crépuscule.

Dans l'esprit, on peut penser à un Micah P Hinson français,
en fait H-Burns semble tout de même un peu moins usé par la vie que ne l'est l'américain.
Mais, pourtant jeunes tout les deux, ils ont la clairvoyance de vieux routards.
N'allez pas imaginer par là un pessimisme complaisant et dépourvu d'autres sentiments.
La simplicité des mélodies donne naissance à des sensations bien plus complexes.
L'ambiance est rustique, l'odeur de l'écorce des pins est palpable.
L'atmosphère est aérée.

Fait assez rare, particulièrement dans les albums folk,
la fin du disque est encore plus inoubliable que le début.
Impensable quand on écoute une nouvelle fois le début de la galette.
Pourtant, réécoutez en particulier la sublimissime « Massacre » (12) , accompagnée de Chris Bailey.
David Ivar (Herman Dune) n'aurait surement pas renié « Invitation » (8) et « Cloud Killer » (10). L'harmonica sur « Sad City Blues » (11) n'en finira pas de vous convaincre de la profondeur de l'instant.
J'ai cité ces chansons, j'aurai pu citer n'importe laquelle des 13 autres.
13 chansons inusables, toutes meilleures à chaque écoute.

Apres Syd Matters et Sebastien Schuller, H-Burns enfonce le clou.
Il existe des artistes d'exception dans notre pays.
Criez le sur les toits.
Hurlez le, à vous en donner le vertige.



Quelques chiffres pour finir (en bref) :

Nom de l'artiste : H-Burns
Nom de l'album : " Songs From The Electric Sky »
Année : 2007
Nationalité : Français
Nombres d'album à ce jour : 1
Style : Folk
Ma note pour cet album : 17/20
Mes chansons preferées sur cet album : “Days Of Being Wild” (5), “Invitation “ (8), “Cloud Killer” (10), « Sad City Blues » (11), “Massacre” (12) “Through The Branches” (13)
Ma chanson préférée : « Massacre » (12)
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# Posté le vendredi 18 avril 2008 06:18

Modifié le vendredi 18 avril 2008 06:34

Bat For Lashes - What's A Girl To Do

Merci de m'avoir fait découvrir Bat For Lashes.
Pour la peine je met le clip d'une de tes chansons préférées..:-)

# Posté le dimanche 13 avril 2008 15:07

Modifié le vendredi 18 avril 2008 07:27

La route du rock - Collection Hiver (2008)

La route du rock - Collection Hiver (2008)

































Je vous rassure, la route du rock apporte bien plus qu'une photo dans le "Ouest France".
En réalité, il n'est pas tres heureux d'être pris en photo pour illustrer un article aussi minable (même si la photo est tres sympa). Apres la description ridicule de la route du rock 2007, "Ouest France" remet ça. Les journalistes de ce canard feraient bien de se renseigner un brin sur les artistes, avant de pondre des articles qui seraient risibles si ils n'étaient pas aussi pitoyables.
Dans cet article qui a du demandé des heures et des heures de travail (je n'en doute pas), il est écrit, je cite, "que la voix de Fugazi" s'envole merveilleusement.
Une simple recherche sur "gougouloum" aurait évité une telle affirmation.

Premièrement, Fugazi ne chante pas. Pourquoi?
Fugazi est un groupe.
Deuxièmement, pourquoi le public parlait du groupe Fugazi?
C'est precisement parce que le guitariste du groupe, Guy Picciotto, était présent pour accompagner Vic Chesnutt.
Troisièmement, qu'est ce qu'un chanteur?
"Un chanteur est un musicien qui utilise sa voix comme instrument pour interpréter divers genres musicaux tels que l'interprétation d'un chant ..."


Bref, aux journalistes du "Ouest France", arretez de parler musique, retournez lécher les bottes de notre "cher" président. Là, votre expérience parlera d'elle même.

Ah oui, je m'étais promis de pas parler politique sur ce blog, promesse rompue donc. Mais en fait à ce niveau là il ne s'agit plus de politique. Le fait d'entremêler "politique du résultat" ou "politique du chiffre", c'est selon, avec des "quotas" en terme " d'expulsion d'immigrés". Celà ne se limite pas à la simple sphère politique.
Comment pouvons nous tolérer une politique qui viole avec autant de véhémence les droits de l'homme et surtout le droit au respect de la dignité humaine ?
Parenthèse fermée, promis.



Samedi 23 Fevrier 2008



Le Loup - L'omnibus


Difficile est la tâche de parler (objectivement) d'un concert dont on a vu seules les deux dernières chansons.
En deux mots, aucun regret d'être arrivé en retard, à la différence du live d'Elvis Perkins cet été.
Et puis la mer était magnifique vu des remparts de St Malo. Sombre et intense.

Coté musical ici, nous est offert une sorte de sous Arcade Fire, avec un chanteur monté sur des ressorts.
Si j'avais quelques vélléités de méchanceté, j'écrirai :
" promenons nous à la route du rock, tant que Le Loup n'y est pas "
Mais non, ce n'est pas le genre de la maison.
Evidemment.


Vic Chesnutt - L'omnibus


Mise en bouche en arrivant : "Welcome in our world, motherfuckers !"
Petite attitude pince-sans-rire pour mieux appuyer le propos.
Vic est accompagné ce soir par le meilleur groupe du monde comme il le dit lui même, et il se frotte ici à la vérité. Le fabuleux groupe canadien A Silver Mount Zion et Guy Picciotto (Fugazi).
Il y a pire comme entourage musical.

C'était le plus beau concert de cette soirée. Les autres artistes devront s'armer de patience avant d'atteindre cette intensité. En réalité, tous les autres groupes se pavanent dans le système solaire, alors que celui ci évolue avec retenue et maitrise, dans un lieu vierge et unique.
Les confins de l'espace.

L'infinie beauté de ce concert scarifie l'âme. Elle marque au fer rouge votre sensibilité. Titille la curiosité. Lubrifie la pensée. Fait exploser votre imaginaire en milles morceaux, dispersés aux milles et un coin de l'espace. Panorama jouissif d'un paysage gigantesque.
Vieux cow-boy marchant clopin-clopant dans l'étendue qui le dévore, disparaissant dans une tempête estivale.
Cette homme, c'est Vic Chesnutt. D'aucuns diront de lui qu'il est infirme, parce qu'il se trouve en fauteuil roulant.
D'autres comme moi, auront d'abord pitié du monsieur dans une compassion bassement humaine.
Ils se verront alors recracher à la gueule leur inutile commisération.

Les frissons qui roulent sur votre peau le confiment, Vic Chesnutt n'est pas paralysé de l'âme.
De la force, de la puissance, un souffle extraordinaire, une implosion des sens. Un corps inerte ou presque, une voix extraordinaire et un regard fatigué mais perçant. Ces trois éléments réunis dégagent bien plus de rage et de mélancolie qu'il ne vous sera possible d'exprimer même lorsque la mélancolie vous rongera à l'extrémité de votre vie.
Vic Chesnutt aime la vie, fut ce t'elle dûre, et accessoirement il vous emmerde. Il semble exprimer cependant la même désillusion que le Tomy Lee Jones de "No, Country For Old Men".
Ceci dit Vic a le regard espiègle et puissant.
Une sourde intensité qui donne le vertige.

Non, ce pays n'est pas pour le veil homme? Surement.
Mais à coup sûr, la scène est pour ce Grand Homme, Ad Vitam Eternam.


MGMT (Management) - L'Omnibus


Tres jeune groupe New Yorkais.
Avec un duo de chanteurs qui ne doivent pas dépasser mon age. Management est entouré d'un buzz impréssionant. Un article dans le quotidien "Le Monde", un album enregistré par "Dave Fridmann" et des premières parties d'Of Montréal il y a deux ans. Le mot "Prometteur" est approprié.
En tout cas, des groupies anglaises sont à la fête. Moi, j'ai été un peu déçu par ce concert.
Il y a de tres bonnes intentions et un esprit aventureux qui est à saluer.
Malgré tout, il manque un brin de folie et d'originalité. Quelques mélodies faiblardes plombent le tout.
Mais passer apres Vic Chesnutt et A Silver Mount Zion n'est pas chose aisée, surtout pour une premiere prestation en France.
A la manière de Voxtrot, decevant en live, mais tres prometteur.
En tout cas les MGMT tiennent la route en studio, ce n'est pas un album creux avec quelques bonnes chansons parsemées comme je le pensais.
J'ai jeté une oreille à "Oracular Spectacular", et je ne le regrette pas.
Excellent album de pop barrée.
Sur les pas d' "Of Montréal"?
J'espère.


Caribou - L'omnibus


Caribou, ou ce canadien expatrié en angleterre.
Une tête à faire palir d'envie tous les "Geeks" de cette planête.
Autrefois prof de maths, aujourd'hui artiste en tête d'affiche de la route du rock.
Il se présente, pieds nus sur le tapis. Les 3 musiciens l'accompagnant s'agglutinent au milieu de la scène, laissant une grande partie de l'espace vacante.

Caribou, voilà l'exemple type d'un artiste qui ne produit pas du tout la même musique sur scène qu'en studio.
Avec l'album "Andorra ", Caribou a visé juste en nous livrant 9 merveilleuses ballades electro/pop.
Les afficionados ne se douteront surement pas de l'instrument qui aura été mis à l'honneur :
Eh oui, il y avait deux batteries et les "tatapoums" étaient à la fête.
D'aucuns reprocheront au chant d'avoir été trop en retrait, presque écraser par les autres instruments. Et ils auront raison. Ceci dit l'ambiance était bon enfant et agréable.
La course poursuite de batteries déroutante au début, a fait mouche par la suite à de nombreuses reprises.
L'idée qui manque de l'intensité et des sonorités électros restera ancrée en moi.
Les deux mélodies electronica "Irene" et "Niobe" manquent malheureusement à l'appel.
Deux chansons belles à pleurer.
Un live agréable donc, mais sans être éblouissant.


Zombie Zombie - L'omnibus


Il est absurde de dire que ce concert était étrange.
Nous est présenté ici un exercice de "style" de Krautrock. Nom barbare pour qualifier un type de musique : martiale, sombre et industrielle.
Séance occulte, ambiance ésotérique. Sorte de sphère malsaine pour initiés.
( je ne ferai pas mystère que cet article n'est pas écrit par un érudit du Krautrock).
Mécanique et répétitif. L'image d'immenses usines (désertes) se colle à ma rétine, mais aussi la réminiscence de films d'horreur qui ont quelques fois jalloné ma vie.
Bref ici, l'ambiance n'est pas aux sables chauds et aux cocktails.
Oui, evidemment, nous sommes plus proche des cadavres de porcs en putréfaction et de scènes scabreuses au sein d'hopitaux psychiatriques.
La joie de vivre est au placard.

D'un coté, Neman (batteur de Herman Düne), de l'autre, un être humain assez flou : Etienne Jaumet ( qui a notamment collaboré avec Aphex Twin, Julie Doiron, The National, Daniel Johnston, Will Oldham...excusez du peu).
Bien en chair, vétu de noir, l'homme est habillé comme un sac, avec sur le nez des lunettes d'ado attardé ou d'adulte peu commencé. Eructant des "hoooooo", "haaaa", aboyant dans le micro, vomissant des bruits mal définis, l'être donne la chair de poule et fait sourire.
Tour à tour Clown, puis psychopathedes bas fonds.
Neman suit les rythmes électroniques lancés par le "forcené", un sourire carnassier (glaçant le sang) se dessine alors sur le visage difforme d'Etienne, alors que Neman exprime son contentement. C'est sûr, ils se comprennent les deux bougres.
ils jouissent du malsaint à leur convenance.

En definitive, le vombrissement lancinant lasse, et la nuit est déjà bien avancée.
Neman, la prochaine fois qu'on se déplacera pour te voir, tu seras avec Herman Düne. Et ta soeur avait eu raison de dire à mon frère :
" Neman? euh.. en ce moment il est sur un projet, enfin cela n'a rien à voir avec Herman Düne".
Et toi Monsieur Etienne Jaumet, qui a tant pris ton pied à faire frissonner le public, par ton comportement...inattendu. Toi qui a transpirer à grosses gouttes de sueur acide (j'exagère).
Continues à faire de la musique.
Le sombre coin des rues n'en sera que plus sûr.




En tout cas, c'était une journée et une soirée pas comme les autres, absolument inoubliables.
A celui qui nous a payé un coup au bar.
A celles qui ont tenu le coup pendant le concert de Zombie Zombie.


A toi, je t'aime.

# Posté le mardi 26 février 2008 05:52

Modifié le jeudi 17 avril 2008 14:16

Radiohead - In Rainbows (2007)

Radiohead - In Rainbows (2007)


































Radiohead – In Rainbows (2007)


Un petit bonjour pour commencer à vous qui prenez le temps de passer par ici.
Vous êtes encore nombreux, et cela me fait énormement plaisir.

Le jour n'est pas encore apparu ici. Pourtant, la vie rennaise bourdonne déjà en direction des sous-terrains.
Si vous en avez ras le bol des louanges accordées à Radiohead, votre Salut tiendra alors à cette petite croix en haut à droite.
Le métro « In Rainbows » a pris son temps pour émerger. En définitive, mon impatience avait ligoté mon attente. Le monstrueux “Hail To The Thief” toujours aussi régulier et inusable, a tout de même laissé planer un espoir un peu fou dans la station. Espoir recompensé, puisqu'un vent nouveau allait s'immiscer dans le réseau ; via internet, la surprise fulgurante était née. Radiohead est de retour.
Le groupe se joue de nous. L'idée d'un paysage électro et foutraque était ancrée en moi. Que nenni. « In Rainbows » est à des années lumières de mon idée préconçue. Il y a de la volupté dans ces mélodies, une sensibilité voilée, une ambiance épurée.
« In Rainbows » est un rouleau compresseur de douceur.
Les chansons s'effeuillant à chaque écoute, laissent briller au delà de leur beauté, une grâce à l'état pur. Leur magnificence fait des étincelles dans la nuit.
Nue et Eternelle.



1) Radiohead – 15 Step (3'57)

“One By One”, Radiohead gravit les marches de l'éternité. Les sonorités électroniques syncopées se rapprochent des ambiances concoctées par le fabuleux groupe allemand de “Lali Puna”. Thom Yorke n'a d'ailleurs jamais fait mystère de cette influence.
Le mariage de la simplicité et de la profondeur fait mouche.
Le chant de Yorke est limpide, aéré, et d'une justesse absolue.
La joie enfantine de la cour d'école fait son apparition, vite étouffée par la batterie (boite à rythme ?) à la rondeur bienveillante. La voix prend ses aises, s'étend, ondule et s'épanouie comme jamais.



2) Radiohead – Bodynatchers (4'02)

Basse ronronnante, guitares electriques, le chant est ici plus relevé, la voix glisse littéralement sur votre peau, lui insufflant frissons et chair de poule à tout va.
2'18 : Pour moi, c'est ici que les choses sérieuses commencent.
Des millions de trajets dans une voix, des milliards de papillons dans le bas ventre.
La passion, la mélancolie, la douleur, la douceur, l'amour, la compassion, et la foi en l'être humain. Une foi ressentie, fut ce subrepticement, qui n'en est pas moins irrésistible.
Ce sentiment est indéfectible. Radiohead nous rappelle que la Passion non seulement maintient en vie, mais surtout, la redonne.
La musique de Radiohead est effrayante et rassurante. Effrayante, car vous réalisez que votre sensiblité a finalement une grande part d'universel. Rassurante, précisement parce que votre sensibilité a une facette universelle. Non pas que notre sensibilité soit flambloyante d'elle même, mais elle l'est particulièrement lorsqu'elle est partagée.
Excusez la digression. Revenons en à nos moutons.
Radiohead signe ici une chanson de haute volée, rythmée, profondément humaine et émouvante. Même si pour moi, comme pour beaucoup, cela tient du pléonasme.



3) Radiohead – Nude (4'15)

Pour paraphraser le magnifique Jorn Riel, ce morceau aurait pu s'intituler :
« Une mélodie qui donne un beau visage ».
Ballade en noir et blanc, sous la neige. « Nude » suit les traces de sa grande s½ur « Exit Music (For A Film) ». Radiohead se tente brillamment à l'ascèse. Sans fioriture, la mélodie se tisse avec tact. Dans un rai de lumière blanche et éclatante, les traits de votre visage s'épanouissent. S'apaisent jusqu'à l'infini.
En ne tenant aucunement compte des paroles, cette chanson est la plus belle déclaration d'amour à la Vie qui n'ait jamais été écrite.
Fragiles et Somptueuses.
Cette chanson et la vie le sont assurément toutes les deux.
En revanche,si l'une, à mon avis est éternelle, l'autre de l'avis de tous ne l'est pas.
Jusqu'à preuve du contraire, la musique de Radiohead l'emporte sur nos vies.
En d'autres termes, cette sensibilité partagée survivra à nos vies.
Perspective plutot réjouissante et optimiste ? Je le crois.
L'autre titre de cette mélodie aurait certainement pû être :
« Le chant pour celui qui désire vivre. »



4) Radiohead – Weird Fishes Arpeggi (5'18)


« Weird Fishes Arpeggi » est une chanson dans le vent, au sens littéral du terme. Le chant de Thom Yorke se love ici avec une justesse sidérante dans une ambiance atmosphérique et aérée. “Why Should I Stay? Follow Where You Live, Your eyes.., Return Me (...) I Follow To The End..(...) and Weird Fishes, Weird Fishes, Weird Fishes..”
3'41 : La batterie du début est de retour, régulière et douce, la voix de Yorke se fond dans un brouillard aérien. Cette dernière est enveloppée dans une ambiance qui tient autant du cocon douillet que d'un paysage troublé à la David Lynch. Tout en contraste.
Il y a une urgence un peu desespérée ici. Reminiscences lointaines. Souvenirs confus.
Rêve abstrait. Et comme dans le renversant “Boxer” de The National, l'image (ne me demander pas pourquoi) de New York sous la neige.



5) Radiohead – All I Need (3'48)

Le titre de cette chanson lui sied à merveille.
Basse vrombissante, voix nonchalante et ces petites touches de xylophone qui font merveille. La palette d'émotions ressenties ici est d'autant plus inédite, que la chanson est d'un minimalisme certain. On vit ici la musique de Radiohead sous un angle inédit, avec le c½ur gonflé d'une nouvelle énergie. Pourtant, on le sait, cette musique émeut non pas car elle est de Radiohead, mais parce qu'elle est précisément ce qu'elle est. Cette musique chapeaute les noms propres, elle est au final simplement une bulle renfermant des sensibilités vagabondes allant de frissons en frissons.
Sorte d'héroïne musicale. « You're all I Need, You're all I Need... ». Le chant de Yorke et ces luminseuses touches de xylophone catalysent l'inquiétant ronronnement des basses.
2'44 : Apparition du piano pour une fin en apothéose.
Emballement de tout bord, la voix de Yorke s'envole, libre et légère de tout.
Une ôde à la mélancolie salvatrice.



6) Radiohead – Faust Arp (2'09)

Je sais pas ce qu'il en est chez vous ; cette chanson me fait penser pour ma part à l'un de mes morceaux préférés de « Hail To The Thief », celle qui arrive en fin de course : « A Wolf At The Door ». Ici, le son y est évidemment davantage épuré. La voix de Thom Yorke surfe délicatement sur ces vagues de violons, accompagnée par ce doux son de guitare accoustique. Doux crépuscule alors que le soleil vient de disparaître, l'océan pourtant inquiétant vous renvoit un lancinant sentiment de liberté.
Une caresse crépusculaire.



7) Radiohead – Reckoner (4'50)

Quelques notes de guitares timides qui soutiendront sans cesse la mélodie, bruit de percussions, de cymbales se mélangeant, et Thom Yorke qui entre en scène avec un chant majestueux. Doux euphémisme en réalité. Mes mots sont faibles pour décrire la justesse de l'interprétation. Radiohead atteint une fois n'est pas coutûme, un nouveau sommet de grâce. 2'33 : La voix nue de Thom Yorke brûle le c½ur, et touche à la substantifique moelle de votre sensibilité. Elle met en exergue précisément ce que vous avez de plus beau en vous. Au plus profond de votre âme. Sentiment de légereté, et d'insouciance totale. L'envie de partage, absolue et insatiable.
Une chose est certaine, si les membres de Radiohead en ont marre de leur succès, moi, tant qu'ils produiront des chansons de cet acabit, je ne m'en réjouirai jamais assez. Arriver aujourd'hui à vendre autant d'album, à toucher autant à travers le monde, en conservant cette sincérité, cela tient du miracle. Radiohead est l'un des derniers oasis d'intégrité dans le monde pourri du tout (« too ») « music business ». Arrêtez vous, tous autant que vous êtes, et buvez sans cesse de cette eau revigorante et éclatante de beauté.
Vous ne le regreterrez jamais.
Je ne sais plus de qui est cette phrase, mais elle est restée ancrer en moi, car je le trouve simplement belle. Et Radiohead vient encore une fois de la ramener à la vie :
« L'universel est un studio sans mur ».



8) Radiohead – House Of Cards (5'28)

Ballade langoureuse sous un ciel étoilé. Un couple flirtant sur une balancelle dans le noir de la nuit. Un soir d'été. La déclaration de l'homme transi d'amour : « je ne veux pas devenir ton ami, je veux simplement devenir ton amour ».
L'ombre de l'inusable « Exit Music (For A Film) » plane ici également. La fuite de la maison familiale, la recherche d'une émancipation à deux. Et une demande insistante, presque desespérée « Oubli ta maison de cartes ».
C'est ici, et maintenant que tout se joue. « Tonight, Tonight... »
Il y a beaucoup de désespoir et de douceur dans ce morceau. Une mélodie apaisante sous la lune et les étoiles filantes, dans le ciel obscur. L'ambiance est à l'image de l'album, éthérée et irrésistible.



9) Radiohead - Jigsaw Falling Into Place (4'08)

Ma chanson préférée de cet album. Celle qui ponctuera nombres de sorties raffraichissantes des couloirs du métro. La chanson qui m'a fait, me fait et me fera penser à toi, et à cette nouvelle vie qui s'est offerte à nous. Revigorante et majestueuse.
Course effrenée dans les dédales sous-terrains, guitare limpide et sautillante, batterie guillerette et sobre, murmures diffus dans un vent s'intensifiant de seconde en seconde.
La puissance de cette chanson tient en sa subtilité, les variations de la voix de Thom Yorke font pleinement opérer la beauté tumultueuse de ce morceau. Sprint vers l'avenir, vers le tres haut, vers le tres tres haut, incontestablement.
3'00 : Jeu de guitare beau à pleurer
3'11 : Dernier sprint avec un chant de Yorke qui pointe vers les aigus. Il y a beaucoup de joie et de rage dans ce morceau. L'envie irrepréssible d'avancer. D'aller de l'avant, et de cesser un tant soit peu d'apprehender l'avenir comme une variation du passé.
Ce que je ressent à l'écoute de cette chanson m'apporte un début de réponse, à la question existentielle qu' Edward Yang pose dans l'éblouissant « Yi Yi » :

« Pourquoi a t'on peur des premières fois ?
Chaque jour est une première fois.
Chaque matin est neuf.
On ne vit jamais la même journée.
Et on a jamais peur...
...de se lever le matin.
Pourquoi ? »



10) Radiohead – Videotape (4'39)

Une ballade dénudée pour fermer le rideau.
Le piano se taille une belle part du gateau, au milieu de la pièce.
La justesse du chant de Thom Yorke est toujours à son zénith, cette douceur sera écoutée, et réécoutée dans les decennies, voir dans les siècles à venir. Il y a beau y avoir de plus en plus de moyens technologiques pour créer, aucune machine, aussi intelligente puisse t'elle être, ne permettra à quiconque de produire des mélodies qui ont une telle âme, une telle sincérité foutrement humaine.
Une fragilité crystallisée et magnifiée par l'âme d'un groupe hors du commun.
Pour moi, Radiohead est ni plus ni moins le plus grand groupe qui ait foulé à ce jour le sol de cette terre
.

Radiohead est mort. Vive Radiohead !



A celle qui change ma vie chaque jour qui passe.
Bien à vous.
Benoît.



PS : Cet album est disponible au prix qui vous convient sur internet depuis un moment.
Sinon, il doit sortir selon toute probabilité le 31 décembre 2007.
(c'est à dire à ceci près à la date à laquelle je posterai cette critique)



Quelques chiffres pour finir (en bref) :

Nom de l'artiste : Radiohead
Nom de l'album : "In Rainbows"
Année : 2007
Nationalité : UK
Nombres d'album à ce jour : 7
Style : Pop/Rock
Ma note pour « Pablo Honey »: 14/20
Ma note pour " The Bends » : 17/20
Ma note pour " Ok Computer " : 19/20
Ma note pour « Kid A » : 17/20
Ma note pour « Amnesiac » : 15/20
Ma note pour « Hail To The Thief » : 19/20
Ma note pour cet album : 19/20
Mes chansons preferées sur cet album: « Nude » (3), « All I Need » (5), « Reckoner » (7), : « Jigsaw Falling Into Place » (9), “Videotape” (10)
Ma chanson préférée : « Jigsaw Falling Into Place » (9)

# Posté le samedi 29 décembre 2007 09:21

Modifié le lundi 17 mars 2008 12:58