Anthony and The Johnsons - The Crying Light (2009)

Anthony and The Johnsons - The Crying Light (2009)

































Bien souvent, les affinités musicales sont fonctions des circonstances de votre vie.
Voila comment des contrariétés bénignes parviennent à saper des ½uvres monumentales.
La musique des Beach Boys est assez désagréable lorsque votre humeur se love dans une tristesse lugubre ; inversement, lorsque votre esprit est jouasse, les premiers albums de Sigur Ros sont absolument infects.

Cependant, la musique d'Anthony & The Johnsons fait chavirer cette dichotomie simplette.

Nul besoin d'être dans une mouvance particulière pour savourer l'ambiance de velours prodiguée par « The Crying Light ». Dans un élan hypnotique, vous descendez au fond d'un puits asséché, d'une profondeur extraordinaire, et vous vous asseyez au fond de celui-ci.
Dans un noir absolu, vous vous mettez à la marge du monde.

Délectation sous-terraine.

L'introspection qui vous est proposée par Anthony & The Johnson est carrément bouleversante sur « Daylight and The Sun », une ballade majestueuse qui semble venir des tréfonds de notre planète. L'obscurité est d'une intensité à couper au couteau.
« One Dove » pour sa part diffuse une beauté quasiment irréelle, rêveuse et frivole.
« The Crying Light » et « Kiss My Name » sont la bande son idéale d'une idylle crépusculaire.

Ce nouvel album d'Anthony & The Johnsons est voisin de ces rêves dont l'on désespère d'être sorti. Il s'en suit cette lutte pour se rendormir et y retourner.
Pourtant vous le savez, ce retour est souvent défectueux ou simplement impossible.

Ici, le billet de retour pour s'y engouffrer à nouveau vous est fourni.
Et cela me fait sourire.
Pas vous ?
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# Posté le mercredi 17 juin 2009 13:12

The Kills - Midnight Boom (2008)

The Kills - Midnight Boom (2008)




































De the Kills, nous connaissions l'électrisant « Keep On Your Mean Side » (2003) et le vicieux « No Wow » (2005), il faudra dorénavant compter sur le punchy « Midnight Boom » (2008).

Moins vicié qu'auparavant, l'univers tissé actuellement par les Kills gagne en spontanéité et en uppercuts. Les aficionados du duo ne s'y retrouveront peut être pas. Les adeptes de « No Wow » dont mézigue, devront faire preuve d'une once de patience avant de savourer pleinement ces mélodies.

Pourtant, certaines chansons font mouche immédiatement, je pense ici au raz de marée timoré « What New York Used To Be » et au délicat séisme « Sour Cherry ». Quant aux ballades « Black Balloon » et « Good Morning Bad Morning », elles s'installent irrémédiablement chez vous. Il y a beaucoup de qualité dans cette production et la première impression mitigée ne dure pas beaucoup plus longtemps que la vie d'un éphémère traversant l'autoroute.

Peut être que ce que je vais écrire là équivaudra a faire des choses répréhensibles à des mouches (comme dirait l'autre), mais j'ai l'impression, il me semble, peut être, maybe...enfin pourquoi pas (Le monde de la musique indépendante est susceptible, il faut prendre des pincettes). Pourquoi pas voir sur certains morceaux une influence des Stones ou de Springsteen ?

Soif des grands espaces !
Ce vent qui souffle sur certaines mélodies me ramène à ce jour où j'ai traversé les Etats Unis d'est en ouest dans une vieille Cadillac, je me rappelle, en sortant la tête hors du bolide, cette odeur si particulière du blé frais coupé m'a imprégnée.
La magie d'internet.

Oui, oui, bah oui... c'était peut être dans une clio en centre Bretagne entre les forêts et les porcheries. Le monde virtuel étrangement modifie mes souvenirs, ce virus semble d'ailleurs très répandu sur les blogs.

Les blogs sont ils facteurs de mythomanie ?

Passée cette mini digression mensongère, mettez « Tape Song » et « Last Day Of Magic », et filez en voiture, même dans le trou du cul de la Corrèze, un vent d'air frais vous envahira.

« Midnight Boom » a la qualité première des albums de rock réussi.
Il insuffle une envie d'avancer, et dispense des regards en arrière.

D'ailleurs, ouvrons nos agendas.
Alors, 9 juin 2009...non, 10, 11, 12... passons, passons.
Juillet 2009, non, fhtss, fhtss fhtss...
Ah voila, Aout 2009.

Notons :
« Rendez vous avec les Kills au festival de la Route du rock à Saint Malo. »
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# Posté le mardi 09 juin 2009 13:08
Modifié le mardi 09 juin 2009 13:19

R.J. ELLORY - Seul le silence (2009)

R.J. ELLORY - Seul le silence (2009)





































L'envie de critiquer un roman m'apparait rarement.
Elle est chez moi un véritable papillon de nuit frivole.
Entré dans l'univers de « Seul le silence », des premiers froissements de pages jusqu'aux dernières lignes, ce besoin n'a fait que s'épanouir délicatement.
Il est de ces bouquins que l'on peut que conseiller, prêter ou même offrir.
Le plaisir insufflé par cette dernière hypothèse est d'ailleurs, inégalable.

Ma réticence à la critique littéraire s'explique par son pendant négatif, la crainte d'en lire.
Au final, il y a le risque d'en lire trop, d'en dire trop.
Se faisant, je m'abstiendrai de tout détail qui atténuerait le plaisir de lecture.

Venons-en à l'½uvre, unique et précieuse.
RJ. Ellory a un style d'écriture à couper le souffle, littéralement.
Son écrit possède deux atouts majeurs : la richesse du vocabulaire et la sensibilité poétique.
La justesse du regard est ahurissante.
Et bien plus que cela, je n'ose imaginer les heures de travail qu'a du demander un tel roman.
Cela pourrait être le travail d'une vie.

Il n'est pas anodin d'observer le photographe RJ. Ellory.
Comme dirait l'autre, pour être photographe, il ne faut pas seulement regarder, il faut voir.
RJ Ellory a vu, et vécu (serions nous tenté de croire) ce qu'il couche sur papier.

Un périple qui débute au milieu du XXème siècle en Géorgie (aux Etats-Unis), et qui trouve son dénouement de nombreuses années plus tard à New York.
Une histoire époustouflante et inaltérable.

C'est l'histoire d'une vie, celle de Joseph Vaughan (écrivain en herbe) et par la même occasion, le testament d'une modeste ville de Georgie : Augusta Falls.

Et milles fois plus que cela.

Dans la première partie de « Seul le silence », l'Histoire et l'histoire se côtoient.
Il y a d'un coté la guerre 39-45, perçue par Joseph (âgé alors d'une dizaine d'année) vivant dans une petite ville des Etats-Unis (le fantôme d'Hitler en toile de fond) et d'un autre coté, la « folie meurtrière » qui touche directement les habitants d'Augusta Falls.
Un sérial Killer s'en prend implacablement aux petites filles du coin.

Une telle histoire aurait pu être une accumulation de clichés, elle est précisément l'inverse.
J'apprécie dans ce roman le minimalisme des descriptions de scènes de crimes.
Une certaine pudeur face à l'atrocité.

Voila ce à quoi vous pouvez vous attendre dans les premières pages.
Ellory a le sens du rythme et tisse un univers hypnotisant, doté d'une intensité émotionnelle qui vous étreint au plus profond. RJ Ellory parvient à retranscrire l'évolution des personnages, des lieux et des époques de manière brillante.

Je ne suis pas fanatique des histoires de sérial killer, je les trouve bien souvent trop empli de voyeurisme et de pathos. Ici, soyez en assuré, ce n'est pas le cas.

J'ajouterai tout de même un petit bémol pour ceux qui souhaiteraient s'y aventurer sans y prendre garde, « seul le silence » n'est pas pour autant une cure de jouvence.
Il y a un pessimisme incontestable dans cet écrit, cette histoire est résolument ténébreuse.
Ceci étant dit, cela ne lui ôte en rien son caractère miraculeux.

Il y a enfin cette question qui m'est venue deux ou trois fois après avoir fermé un roman, au cour de ma jeune vie de lecteur :

Comment une seule personne a pu imaginer tout ça, et nous le faire vivre avec une telle intensité ?

Seul RJ Ellory a la réponse.

N'oubliez pas que la vie est trop courte pour lire de mauvais livres.
Si vous ne devez lire qu'un seul polar durant ces dix prochaines années, pensez « RJ Ellory », pensez « Seul le silence ». Vous ne vous tromperez pas.









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# Posté le lundi 08 juin 2009 14:33

Santogold - Santogold (2008)

Santogold - Santogold (2008)







































Dans le domaine artistique, une esthétique clinquante n'augure (bien souvent) rien de bon.
Pourtant, force est de constater que cet éblouissant « Santogold » a beaucoup fait couler d'encre à sa sortie, en particulier dans des revues musicales exigeantes.
Effectivement, de nombreux critiques se sont démenés pour dénicher les synonymes les plus judicieux de « moderne », « opitimiste » et « ambitieux ».

Où se situe donc Santogold au royaume de la pop moderne ?
Certainement entre la nébuleuse CSS, le château-fort Hot Chip et la colonie Why ?.
Santogold est un lieu de rencontre entre la lumière pop, la tension électro et la rythmique hip hop.

Sa plus belle représentante en est à priori « Starstruck », mais ses voisines ne sont pas en reste.
L'hautaine “L.E.S Artistes”, l'irréductible “Creator”, l'envolée « You'll Find A Way » brassent vos souvenirs pop et soufflent un vent de renouveau dans votre vie.

Pour finir, j'ai conservé à dessein mes deux protégées.
La rafraichissante « My Superman » et la rigolote “ Unstoppable” ont de quoi faire sourire et consoler un islandais dépressif* à la fin de la projection de “Dancer In The Dark”.

* Ceci n'est pas un pléonasme.
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# Posté le lundi 08 juin 2009 14:24

Bat For Lashes - Daniel (2009)



































Dans une semaine, ce sera les vacances (excepté l'hypothèse des rattrapages) et je pourrai alors m'occuper correctement de ce blog, même si je ne vous cacherai pas que j'envisage de changer de support.

Les interfaces tape à l'½il de "skyblog" ,type pornographie "foirefouillesque" m'exaspèrent quelque peu, je ne vous le cache pas.

La qualité des blogs de "magic" ne m'a jamais déçue et j'aimerai en être.

En attendant, voici une chanson dont la douceur et la saveur emplissent ces belles journées de printemps..

Je sais que Bat For Lashes a une place particulière dans ton coeur.
Ces jours ci, ce groupe est en train de creuser un sillon sans retour vers le mien.

C'est beau l'amour.

Au delà de la fadeur de cette phrase d'un point de vue stylistique (digne des plus belles phrases d'un Levy ou d'un Musso), son contenu n'en reste pas moins, un véritable coffre fort.
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# Posté le jeudi 14 mai 2009 03:41
Modifié le jeudi 14 mai 2009 04:09